Mobilisation et constats
Ce lundi matin, des parents d'élèves et plusieurs enseignants se sont réunis devant les écoles Jean‑Marie‑Mortin et Suzanne‑Will‑Kong (ancienne école de la Roseraie) à Cayenne pour dénoncer des conditions d'accueil jugées indignes pour les enfants et le personnel.
Selon les témoins, la chaleur est rapidement devenue difficilement supportable dès l'ouverture des portes : «
Nous avons constaté que dès 8 heures, les professeurs et les élèves étaient exposés à une importante vague de chaleur. Les élèves s'avachissent sur leur table et les enseignants peinent à rester debout», a rapporté Marc Cascas, responsable de secteur Cayenne du SE‑Unsa.
Des nuisances multiples à proximité d'un chantier et d'une décharge
Les perturbations ne se limitent pas à la chaleur. À l'école de la Roseraie, les mobilisés pointent aussi la présence de poussières provenant d'un chantier mené par l'EPFAG derrière l'établissement. Une enseignante, présente lors de la mobilisation, a souligné que la latérite envahissait les classes et entraînait « beaucoup de problèmes respiratoires chez les enseignants et les enfants ».
Les manifestants ont également évoqué des odeurs et des nuisances liées à une décharge située juste derrière l'école, avec la présence de mouches et l'apparition de fumées lors de brulis. Selon les parents et le personnel, des états de malaise ont déjà été constatés au sein de l'établissement.
Réactions des autorités et premières mesures proposées
Informées de la situation, la maire de Cayenne et une inspectrice du rectorat se sont rendues sur place afin de constater les conditions de travail des élèves et des enseignants. Les échanges ont conduit à l'annonce de la mise en place d'un calendrier d'interventions « à court et moyen terme » pour les deux écoles, selon les représentants du SE‑Unsa.
Du côté de l'EPFAG, l'organisme a proposé d'intensifier l'arrosage du chantier pour limiter la poussière. La proposition détaillée prévoit de passer de une arroseuse à trois arroseuses et de demander au prestataire d'adapter ses pratiques. Une réunion a été organisée pour trouver rapidement des solutions, en particulier pour protéger les enfants asthmatiques ou fragiles.
Aménagements scolaires envisagés
Face aux fortes chaleurs et aux travaux, les représentants syndicaux ont évoqué la possibilité d'un aménagement du temps scolaire, en lien avec l'administration. Cette mesure, qui reste pour l'instant à l'étude, viserait à limiter l'exposition des élèves pendant les heures les plus chaudes de la journée et à adapter l'organisation pédagogique le temps des travaux.
Enjeux sanitaires et scolaires
Les plaintes mettent en lumière deux types d'enjeux pour la communauté éducative :
- la santé des enfants et des adultes (irritations respiratoires, malaise dû à la chaleur, risques pour les asthmatiques) ;
- la continuité pédagogique, si les conditions matérielles perturbent les cours et entraînent des absences ou un apprentissage dégradé.
Tableau récapitulatif des problèmes signalés et des mesures évoquées
| Problème signalé | Mesure proposée |
|---|---|
| Vague de chaleur dès 8 h | Étude d'un aménagement des horaires scolaires |
| Poussière de latérite dans les classes | Renforcement de l'arrosage du chantier (1 → 3 arroseuses) |
| Odeurs, mouches et fumées depuis la décharge | Constat sur site par la mairie et le rectorat ; recherches de solutions |
Prochaines étapes
Les parents et enseignants attendent désormais la formalisation des engagements pris lors des visites. La qualité de l'air dans les classes, la protection des élèves vulnérables et l'adaptation possible du calendrier scolaire sont au cœur des demandes. Une réunion de suivi a été annoncée afin d'évaluer l'efficacité des premiers gestes proposés par l'EPFAG et d'envisager d'autres mesures si nécessaire.
Sur le terrain, la mobilisation illustre la tension entre chantiers d'aménagement urbain et conditions de vie quotidiennes autour d'équipements scolaires. Les familles, soutenues par le personnel enseignant et les représentants syndicaux, attendent des garanties rapides pour que l'école reste un lieu sûr pour l'accueil et l'apprentissage des enfants de Cayenne.