Environ soixante personnes se sont réunies lundi 28 septembre en début de soirée devant la préfecture de Loir‑et‑Cher, à Blois, pour rappeler la nécessité de préserver l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). L’appel provenait du Collectif féministe de Loir‑et‑Cher, qui regroupe plusieurs associations locales engagées sur les questions de santé sexuelle et de droits des femmes.
Un rassemblement pour alerter sur l’accès effectif au soin
Les participants ont déployé une banderole aux grilles de la préfecture proclamant qu’« l’avortement est un droit fondamental, partout, tout le temps ». Les prises de parole ont insisté sur la différence, selon les organisatrices, entre une reconnaissance constitutionnelle et sa mise en oeuvre quotidienne : inscrire la liberté d’avorter dans la Constitution ne garantit pas, selon elles, la possibilité effective pour toutes d’accéder à ce soin.
« La loi pourrait se transformer en coquille vide »
Face aux évolutions institutionnelles et à des politiques locales jugées hostiles, les intervenantes ont listé plusieurs motifs d’inquiétude : restrictions budgétaires dans les services publics de santé, fermetures de services hospitaliers ou de centres pratiquant l’IVG, et des décisions politiques locales susceptibles de réduire les financements des associations d’accompagnement.
Des revendications précises
Le rassemblement n’était pas uniquement symbolique. Les organisatrices ont porté des revendications claires, qui ont été rappelées pendant les prises de parole et sur les pancartes :
- que l’IVG soit un soin pris en charge à 100 % pour toutes ;
- la réouverture des centres d’interruption volontaire de grossesse récemment fermés ;
- la garantie du choix de la méthode d’avortement (médicamenteuse ou instrumentale) ;
- le maintien, le rétablissement et le renforcement des subventions aux associations œuvrant pour l’éducation à la sexualité et l’accompagnement ;
- et des moyens pour une formation effective des enseignant·es sur la vie affective, relationnelle et sexuelle à l’école.
| Revendiation | Objectif |
|---|---|
| Prise en charge à 100 % | Assurer l’égalité d’accès au soin |
| Réouverture des centres | Permettre des parcours de soin locaux |
| Maintien des subventions | Garantir l’éducation et l’accompagnement |
Une vigilance face à certaines décisions politiques
Les intervenantes ont exprimé leur préoccupation « face à la montée de l’extrême droite », citant des exemples nationaux et locaux de retrait de soutiens financiers à des structures comme le Planning familial. Une bénévole du Planning familial 41 a rappelé des cas où des majorités municipales récentes ont décidé de couper des subventions à des associations actives en matière d’éducation sexuelle et d’accompagnement à l’avortement.
Le Collectif féministe de Loir‑et‑Cher, qui regroupe notamment le Planning familial 41, le Collectif des droits des femmes 41, Nous Toutes 41, la FSU 41, la CGT 41 et Solidaires 41, a réaffirmé son intention de rester mobilisé pour que l’IVG demeure un soin accessible et pris en charge.
Contexte local et enjeux pratiques
Les organisatrices ont rappelé que l’accès à l’IVG dépend non seulement du cadre légal mais aussi de l’existence d’infrastructures et de professionnels disponibles à proximité. Dans un département rural ou semi‑rural comme le Loir‑et‑Cher, la fermeture d’un centre ou d’un service hospitalier peut allonger les délais d’accès et contraindre des personnes à parcourir de longues distances pour être prises en charge.
Les participantes ont aussi insisté sur la nécessité d’une éducation sexuelle renforcée dans les établissements scolaires, qu’elles jugent indispensable pour prévenir les grossesses non désirées et permettre un recours éclairé à la contraception et aux structures d’accompagnement.
La mobilisation n’est pas isolée
Ce rassemblement s’inscrit dans la Journée mondiale pour le droit à l’avortement et fait écho à d’autres actions organisées en France et à l’étranger. Les associations locales ont annoncé vouloir poursuivre l’information et la sensibilisation auprès du public et des élu·es pour préserver l’accès aux soins dans le département.
La préfecture de Loir‑et‑Cher n’avait pas publié de réaction officielle dans l’immédiat.