Quatre ans après l'incendie qui a ravagé leur habitation, un couple d'octogénaires de Bailleval (hameau de Sénécourt) ne peut toujours pas réintégrer son logement. Jeannine et Michel Jeanniot attribuent ce blocage à une succession de malfaçons et d'arnaques liées aux travaux de reconstruction engagés après le sinistre du 7 mars 2022.
Le sinistre et ses conséquences immédiates
Le 7 mars 2022, la demeure des époux Jeanniot, une maison notable pour son toit en chaume, a été détruite par un incendie. «
Nous avons tout perdu ce jour-là
racontent les proches. La famille explique que l'origine du feu remonterait à un défaut intervenu lors d'une réparation de chauffage : un raccordement du conduit de la chaudière sur celui de la cheminée, effectué quelques jours avant l'incendie.
Reconstruction, puis nouveaux problèmes
La maison a été reconstruite depuis, mais le retour des propriétaires est rendu impossible en raison de multiples anomalies relevées selon eux. Parmi les griefs formulés :
- une toiture en ardoise qui se détache ;
- des désordres dans le crépi extérieur ;
- une installation électrique jugée non conforme ;
- la pose d'une isolation supplémentaire qui réduit l'emprise intérieure, rendant certaines pièces difficilement utilisables.
Sur la question du chauffe-eau, le couple dénonce une surfacturation : on leur aurait vendu un ballon d'eau chaude classique présenté comme thermodynamique.
Expertises et contentieux
Un second expert mandaté ultérieurement a recensé 36 malfaçons, selon la famille. Les procédures engagées visent plusieurs intervenants : l'expert initial nommé après l'incendie, des entreprises choisies sur ses préconisations, et l'architecte chargé du suivi des travaux.
Les propriétaires sont assistés par une avocate et ont lancé différentes poursuites judiciaires. Malgré ces démarches, la famille déplore une lenteur dans les actions et un manque d'avancées concrètes depuis plusieurs années.
Un retour impossible au quotidien
Les conséquences pratiques sont lourdes pour les intéressés : l'agencement des pièces est modifié, au point où la chambre ne permettrait désormais que d'accueillir un lit sans mobilier supplémentaire, selon leurs proches. L'instabilité apparente de certains éléments extérieurs, comme les ardoises du toit, renforce l'impression d'un lieu encore inadapté pour une occupation sécurisée.
Ce que réclame la famille
La famille, représentée notamment par Justine et Sandrine Albert (respectivement petite-fille et fille de la propriétaire), réclame la réparation effective des désordres, la mise en conformité des installations et la restitution d'un logement habitable. Elle dénonce aussi des pratiques commerciales trompeuses et des surfacturations constatées au fil des factures.
| Date | Événement |
|---|---|
| 7 mars 2022 | Incendie de la maison de Bailleval |
| Après mars 2022 | Intervention d'un premier expert et réalisation des travaux |
| Années suivantes | Constatation de nouveaux défauts, second rapport d'expertise (36 malfaçons) |
Questions en suspens
Plusieurs éléments restent à éclaircir : la responsabilité précise des intervenants initiaux, la qualité des contrôles effectués pendant la reconstruction, et la nature des éventuelles sanctions ou compensations qui pourraient être ordonnées par la justice. Le récit familial met en lumière la vulnérabilité des victimes de sinistre face à des chaînes d'interventions techniques et administratives complexes.
À ce stade, la famille continue d'attendre que les procédures judiciaires aboutissent à des décisions permettant la remise en état effective du logement ou une réparation financière suffisante pour reloger durablement les époux Jeanniot. Les questions de conformité électrique et de solidité de la toiture demeurent prioritaires pour garantir la sécurité des futurs occupants.
Contactée, la famille a précisé être suivie juridiquement mais se dit fatiguée par l'attente. Les services et entreprises cités dans ce dossier n'ont pas été entendus directement dans le cadre de cet article.