Un arrêté entré en vigueur le 3 août cible certaines présences prolongées
La municipalité d’Avignon a publié le 3 août un arrêté visant à réglementer l’occupation prolongée de l’espace public dans plusieurs rues et places du centre-ville. Selon le texte mis en ligne par la mairie, la mesure s’applique du 3 août au 31 octobre, du lundi au samedi, entre 11 h et 23 h. La place Pie figure parmi les emplacements concernés.
Le PCF local critique une logique d’éloignement plutôt que d’accompagnement
La section PCF Avignon–Morières–Le Pontet a réagi publiquement quelques jours après la publication de l’arrêté. Dans son communiqué, le parti de gauche ne conteste pas « la nécessité de garantir la tranquillité et la libre circulation », mais alerte sur les conséquences pour les personnes en situation de précarité.
« Ce dont Avignon a besoin, ce n’est pas de rendre la pauvreté invisible, mais de traiter ses causes […]. »
Le PCF estime que l’arrêté « ne fait qu’entériner à contretemps une politique déjà à l’œuvre » et craint que le déplacement forcé des personnes à la rue ne les « éloigne des commerces et des espaces fréquentés », sans répondre aux causes structurelles de la pauvreté.
Associations et structures d’accueil évoquées par le PCF
Dans son communiqué, la section communiste souligne la présence des associations locales cet été — Secours populaire, Secours catholique et d’autres associations effectuant maraudes et accueils de jour — et rappelle des difficultés récentes rencontrées par les structures d’hébergement.
- Les associations de terrain ont maintenu des maraudes et des accueils de jour pendant les fortes chaleurs.
- En juin, la halte de nuit d’Habitat Alternatif Social a dû fermer temporairement en raison d’une infestation de punaises de lit.
- Le PCF appelle la municipalité à « renforcer l’accompagnement » plutôt qu’à déplacer les personnes.
Interpellation du maire sur la gouvernance des places d’hébergement
Les communistes locaux demandent au maire d’Avignon, rappelant qu’il préside le conseil de surveillance du Centre hospitalier d’Avignon, de « se saisir » de la question du nombre de places réellement ouvertes. Le communiqué souligne la nécessité d’une gestion coordonnée des problématiques sanitaires, sociales et d’hébergement.
| Élément | Information fournie |
|---|---|
| Date de publication de l’arrêté | 3 août |
| Période d’application | 3 août – 31 octobre |
| Horaires concernés | lundi–samedi, 11 h–23 h |
| Lieu cité | place Pie (parmi d’autres espaces du centre-ville) |
Enjeux locaux : tranquillité publique, heures d’ouverture et réponses sociales
Cette réglementation soulève des questions pratiques et politiques pour la municipalité : comment concilier la sécurité et la « tranquillité » du centre-ville avec un accompagnement social efficace des personnes sans domicile ? Les associations actives sur le terrain alertent régulièrement sur la nécessité de moyens pérennes pour l’hébergement, la santé et l’insertion. Le PCF local met en avant que l’éloignement des personnes des zones commerçantes ne supprime pas la précarité mais la rend simplement moins visible.
Sur le fond, le débat porte sur la stratégie municipale face à la présence de personnes en situation de grande précarité : temporisation estivale, opérations de contrôle et verbalisation, ou renforcement des dispositifs d’hébergement et de soin ? Le communiqué du PCF demande explicitement que la mairie prenne « en main la problématique de la pauvreté » et fournisse des réponses structurelles plutôt que des mesures restrictives de l’espace public.
La mairie d’Avignon n’a pas, à ce stade, publié de réponse formelle au communiqué du PCF. Les prochaines étapes et modalités d’application de l’arrêté, ainsi que d’éventuelles mesures complémentaires d’accompagnement, seront à suivre de près par les acteurs associatifs et les riverains concernés.