Un texte appliqué depuis le 14 août
La municipalité d'Avignon a commencé, vendredi 14 août, l'application d'un arrêté municipal destiné à réglementer l'occupation prolongée de l'espace public dans une trentaine de rues du centre‑ville. Le texte, adopté le 31 juillet, encadre plusieurs volets : occupation prolongée des rues et des jardins, nuisances sonores et propreté des espaces publics.
Motivations affichées et premiers effets
Le maire divers droite, Olivier Galzi, défend ce dispositif en affirmant vouloir répondre aux « plaintes de riverains et de commerçants » concernant certains groupes présents dans le centre. Selon l'élu, une cinquantaine de personnes ont été recensées, dont une vingtaine poserait régulièrement problème.
« Ils viennent de toute la région, ils ont des chiens, parlent fort, sont alcoolisés, agressent des jeunes et interpellent des femmes. Je préférerais des familles ou des entrepreneurs »,
a déclaré le maire pour justifier l'arrêté, rejetant par ailleurs l'étiquette d'« arrêté anti‑mendicité » et assurant qu'il s'agit de sanctions contre des comportements constituant des troubles à l'ordre public.
Sanctions et démarche de mise en œuvre
Le premier jour d'application, vendredi 14 août, a été marqué par la verbalisation : sept contraventions ont été dressées, selon la municipalité. La décision ferait suite à des « constats des forces de l'ordre, des signalements de riverains, d'usagers et de commerçants », ainsi qu'à des actions de prévention et de médiation menées en amont.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Adoption de l'arrêté | 31 juillet |
| Début d'application | 14 août |
| Rues concernées | ~30 |
| Personnes recensées | ~50 (dont ~20 « problématiques » selon la mairie) |
| Contraventions dressées (1er jour) | 7 |
Opposition et suites possibles
À gauche, l'opposition communiste a vivement critiqué le texte, le qualifiant d'« arrêté anti‑mendicité ». Rémy Blanc, élu PCF du groupe Nouvelle Avignon populaire, a annoncé envisager un recours — une démarche qui signale un probable contentieux juridictionnel à venir et qui engage le débat sur la compatibilité de l'arrêté avec les libertés publiques et la protection des personnes vulnérables.
Enjeux locaux et questions ouvertes
La mesure relance plusieurs interrogations pour la gestion de l'espace public en centre‑ville d'Avignon :
- Comment concilier la tranquillité des riverains et la protection des personnes en situation de précarité ?
- Quelle articulation entre prévention, médiation sociale et répression administrative ?
- Quel sera l'impact concret à moyen terme sur la fréquentation commerçante et la vie quotidienne dans les rues concernées ?
La municipalité met en avant la nécessité d'assurer l'ordre public et de répondre aux signalements locaux. Les recours de l'opposition et l'évolution des verbalisations formeront des éléments déterminants pour l'appréciation juridique et politique de ce dispositif.
Dans les jours et semaines qui viennent, les Avignonnais observeront si la mise en œuvre de l'arrêté contribue effectivement à réduire les troubles signalés ou si, au contraire, elle alimente tensions et contestations juridiques. Les acteurs locaux (forces de l'ordre, services municipaux, associations et commerçants) seront au cœur de l'exécution et de l'évaluation de ce texte.