Un contrat majeur pour l’usine historique de Belfort
Alstom a annoncé le 23 septembre la signature d’un accord avec le loueur européen Northrail portant sur la nouvelle génération de locomotives de manœuvre Traxx Shunter. Le communiqué du groupe précise que l’ensemble de la conception et de l’assemblage de ces engins sera réalisé sur le site de Belfort, dans le Territoire de Belfort.
La commande ferme, proche de 100 millions d’euros toutes options de maintenance comprises, s’inscrit dans un accord‑cadre qui peut atteindre 700 millions d’euros et prévoir la livraison de jusqu’à 100 locomotives. Alstom indique qu’il s’agit de la première commande mondiale pour cette plateforme Traxx Shunter de nouvelle génération.
« Nous sommes particulièrement fiers d’annoncer la première commande mondiale pour les locomotives Traxx Shunter de nouvelle génération », a déclaré Frédéric Wiscart, président d’Alstom France, Belgique et Luxembourg.
Caractéristiques techniques et usages visés
Selon le dossier diffusé par Alstom, la Traxx Shunter combine une propulsion électrique par pantographe et une motorisation diesel. Le moteur est compatible avec des carburants alternatifs, notamment les biocarburants ou l’huile végétale hydrotraitée (HVO). Cette architecture hybride vise à offrir :
- une autonomie opérationnelle sur les voies non électrifiées des triages,
- une réduction des émissions par rapport à des locomotives diesel classiques,
- une modularité permettant des usages variés (manœuvre en gare de triage, travaux de voie, et interventions sur le réseau principal).
La vitesse maximale de l’engin est annoncée à 120 km/h, ce qui le rend utilisable au‑delà des seuls triages, notamment pour des missions sur lignes principales lorsque la configuration le permet.
Calendrier et contexte industriel
Le communiqué précise que la commande ferme initiale concerne dans un premier temps le marché allemand et que l’accord‑cadre inclut des options pour d’autres marchés, dont la France. Les premières livraisons sont attendues fin 2029.
| Élément | Chiffre communiqué |
|---|---|
| Commande ferme | ≈ 100 M€ (maintenance incluse) |
| Accord‑cadre maximal | Jusqu’à 700 M€ |
| Nombre d’unités possible | Jusqu’à 100 locomotives |
| Parc géré par Northrail | Environ 430 véhicules en Europe |
| Premières livraisons | Fin 2029 |
Quelles retombées pour Belfort ?
Pour la ville de Belfort, où Alstom conserve un site industriel historique, la commande représente une confirmation de la place stratégique de l’usine dans le portefeuille produits du groupe. Sans détailler les créations d’emplois, Alstom indique que la conception et l’assemblage seront réalisés localement, ce qui implique un maintien — et potentiellement un renforcement — d’activités techniques, logistiques et de maintenance sur le site.
Plusieurs conséquences locales peuvent être attendues :
- stabilité ou augmentation de la charge de travail pour les chaînes d’assemblage et les équipes d’ingénierie;
- activité pour les sous‑traitants régionaux impliqués dans la fourniture de composants et services;
- visibilité accrue pour Belfort dans un segment de marché en mutation vers des solutions moins émissives.
Le contexte de marché est également un élément clef : Alstom rappelle que la manœuvre ferroviaire reste un segment où les matériels diesel sont encore majoritaires, d’où l’intérêt industriel d’une locomotive hybride capable de réduire l’empreinte carbone tout en restant opérationnelle sur des voies non électrifiées.
Perspectives
La concrétisation de l’accord‑cadre jusqu’à son maximum dépendra des options exercées par le client et des marchés additionnels. Pour Belfort, la priorité reste d’accompagner l’industrialisation de la plateforme Traxx Shunter — phases de prototypage, qualification, puis montée en cadence — tout en préservant les compétences locales nécessaires à ce type de production.
Dans un territoire où l’industrie représente un pilier économique, la commande d’Alstom est une nouvelle donnée structurante. Reste à suivre le déroulement des prochaines étapes : exécution des prototypes, calendrier de production et les éventuelles retombées d’activité pour les fournisseurs régionaux.