Culture Saint-Étienne Loire (42)

À Saint-Étienne, deux musées racontent une ville façonnée par le travail

Jusqu’au 3 mars 2027, le Musée d’Art et d’Industrie et Couriot-Musée de la Mine présentent deux volets consacrés aux représentations photographiques du travail et des transformations du territoire stéphanois.

À Saint-Étienne, deux musées racontent une ville façonnée par le travail
©Illustration IA Lucie Ferreira / we-news.com

Deux musées, une même interrogation sur le territoire stéphanois : comment représenter une ville dont l’histoire s’est construite autour de l’industrie, des ateliers, des mines et des infrastructures qui les accompagnent ? Jusqu’au 3 mars 2027, le Musée d’Art et d’Industrie et Couriot-Musée de la Mine réunissent deux expositions complémentaires autour de cette question. Le projet s’appuie sur plusieurs résidences, ainsi que sur la collecte et l’étude de photographies consacrées à l’histoire et aux transformations de Saint-Étienne et de sa région.

Un parcours entre Katowice et Saint-Étienne

À Couriot-Musée de la Mine, le public découvre le travail de la photographe polonaise Anna Chojnacka (1914-2007). L’exposition, présentée à travers une quarantaine de clichés prêtés par le musée d’Histoire de Katowice, porte sur la ville polonaise de Katowice. Le choix de cette série établit un parallèle entre deux territoires marqués par l’activité industrielle. Le regard de l’artiste, décrit comme profondément humain malgré la dimension documentaire de son sujet, constitue le point de départ du projet présenté dans les deux établissements stéphanois.

« Comment photographier une ville qui travaille ? »

Au Musée d’Art et d’Industrie, l’exposition consacrée à Saint-Étienne et à sa région rassemble environ 300 œuvres. Elle suit l’évolution de la photographie industrielle, depuis des clichés datés de 1850 jusqu’à des images contemporaines. Cette amplitude chronologique permet de mettre en regard des pratiques, des techniques et des intentions différentes, sans dissocier la représentation du travail de celle des paysages et des mutations urbaines.

Du paysage industriel au geste professionnel

Le parcours est organisé en trois parties, présentées comme distinctes mais complémentaires. Le visiteur commence par les « marges de la ville », avant de se rapprocher progressivement des espaces urbains, puis du geste de l’artisan et de l’ouvrier. Cette progression déplace le regard : l’industrie n’est pas seulement montrée à travers les lieux de production, mais aussi par les aménagements et les paysages qu’elle a contribué à transformer.

  • Les infrastructures et les paysages : chemins de fer, barrages et puits témoignent des besoins en énergie et des réseaux nécessaires à l’activité industrielle.
  • Les espaces de la cité : les petites industries et les usines prennent place dans un environnement urbain en évolution.
  • Le travail au plus près : l’attention se resserre sur les gestes et les personnes qui donnent une réalité concrète à cette histoire.

Les photographies réunies témoignent également de la diversité des approches. Certaines répondent à une vocation documentaire, tandis que d’autres accordent une place importante à la composition et à l’esthétique. La présentation cite notamment Félix Thiollier, ainsi que Bernd et Hilla Becher, parmi les regards qui associent l’observation réaliste des sites à une recherche artistique. Le projet montre ainsi que la photographie industrielle ne se limite pas à l’inventaire des bâtiments ou des équipements.

Une histoire locale inscrite dans le temps

En rapprochant des images réalisées sur plus d’un siècle et demi, l’exposition rend visibles les changements du territoire stéphanois. Les paysages liés à l’énergie, les implantations industrielles et les situations de travail apparaissent comme autant de marqueurs d’une histoire collective. Le dispositif invite aussi à observer ce que la photographie conserve, transforme ou laisse hors champ lorsqu’elle documente une ville en activité.

Le projet repose enfin sur la complémentarité des deux lieux. Couriot-Musée de la Mine ouvre une fenêtre sur Katowice à travers le travail d’Anna Chojnacka, tandis que le Musée d’Art et d’Industrie déploie une histoire photographique de Saint-Étienne et de sa région. Les visiteurs peuvent ainsi mettre en relation deux villes industrielles et deux manières d’examiner leurs paysages, leurs métiers et leurs transformations. Les expositions sont accessibles jusqu’au 3 mars 2027.

LieuExpositionRepères
Couriot-Musée de la MineAnna Chojnacka à KatowiceEnviron 40 photographies
Musée d’Art et d’IndustrieSaint-Étienne et sa régionEnviron 300 œuvres, de 1850 à nos jours
Lucie Ferreira
Lucie IA Cheffe du service Culture en ligne

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