Sur la colline Saint‑Eutrope, dominant la ville d’Orange, les silhouettes enfouies d’un château médiéval refont surface après des siècles d’abandon. Un chantier de mise en valeur mené depuis janvier 2024 a progressivement dégagé des murs d’enceinte, des bâtiments et des aménagements qui étaient jusque‑là masqués par la végétation et les remblais. Les travaux entrent aujourd’hui dans leur dernière ligne droite, modifiant durablement le paysage et les connaissances sur l’histoire locale.
Un site remodelé, des découvertes inattendues
Les opérations d’archéologie préventive et de mise au jour ont permis de révéler la masse imposante des murs du château, jusque‑là dissimulés sous des broussailles et des couches de terre. Outre les remparts, les fouilles ont mis au jour des espaces domestiques, une cuisine et, plus surprenant, les vestiges d’une chapelle castrale situés à environ deux mètres de profondeur dans la basse‑cour, au pied de la statue de la Vierge.
Le chantier a nécessité des interventions paysagères importantes : les chênes verts et les parterres fleuris entourant la basse‑cour ont été coupés et le sol largement remodelé pour permettre les sondages et la consolidation des structures. Seuls quelques pins ainsi que le fameux chêne vert planté en juillet 1952 par la reine Juliana des Pays‑Bas subsistent, rappelant la longue histoire d’occupation et de mémoire du site.
« Ma première mission a été d’accompagner les travaux pour éviter qu’il y ait destruction des vestiges archéologiques »,
a expliqué Yann Bonfand, archéologue au service d’archéologie du Département de Vaucluse, présent sur le chantier.
Restitution : montrer le dernier état avant 1673
Les architectes en charge du projet ont fixé comme ligne directrice de présenter au public le dernier état connu du château avant sa démolition ordonnée par Louis XIV en 1673. L’objectif est de permettre aux visiteurs d’appréhender la configuration du site telle qu’elle se présentait à la fin de l’époque médiévale et au début de l’époque moderne, tout en conservant et en mettant en valeur les différents témoignages matériels mis au jour.
Le chantier combine donc opérations de fouilles, travaux de consolidation et aménagements destinés à l’accueil du public. Parmi les vestiges, la restauration du puits — longtemps objet de curiosité pour les promeneurs — a été menée afin d’en sécuriser l’accès et d’en expliquer le fonctionnement : il abritait un système de poulies lié aux usages quotidiens du château.
Ce que révèlent les fouilles pour l’histoire locale
Les nouvelles découvertes bousculent certaines certitudes des spécialistes en ce qu’elles documentent mieux l’organisation interne du château et ses dépendances. La mise au jour d’une chapelle castrale conforte l’idée d’un pôle religieux au sein de l’enceinte, tandis que les espaces culinaires identifiés permettent d’affiner les hypothèses sur la vie quotidienne des occupants.
Ces informations s’inscrivent dans le contexte plus large du patrimoine d’Orange, connue pour son théâtre antique et son arc de triomphe. Elles montrent que la colline Saint‑Eutrope conserve une stratification historique riche, allant du Moyen Âge au XXe siècle.
- Début du chantier de mise en valeur : janvier 2024
- Démolition du château ordonnée par Louis XIV : 1673
- Chêne vert planté par la reine Juliana : juillet 1952
Vers une ouverture au public
Le projet entre aujourd’hui dans sa dernière phase. Les équipes poursuivent la fouille et la consolidation, puis procéderont aux aménagements paysagers et à la pose d’un parcours de visite. Le but affiché est de rendre lisible le site, d’en sécuriser l’accès et d’offrir aux habitants comme aux touristes un nouvel élément du récit patrimonial d’Orange.
Pour le Département de Vaucluse et les acteurs locaux, ce chantier constitue aussi une occasion pédagogique : conférences, visites guidées et panneaux d’interprétation sont prévus pour expliquer la chronologie des découvertes et les choix de restitution opérés par les architectes et archéologues.
Un paysage transformé, une mémoire retrouvée
La colline Saint‑Eutrope, jusque‑là davantage fréquentée pour ses promenades et sa vue sur la ville, se prépare à accueillir une nouvelle lecture de son passé. Par les murs dégagés et la restitution du dernier état du château, les travaux offrent une fenêtre tangible sur des siècles d’histoire — et invitent la population à reconsidérer un lieu familier à la lumière de ses découvertes récentes.
| Élément | Statut |
|---|---|
| Fouilles archéologiques | En cours (depuis 2024) |
| Phase du projet | Dernière ligne droite |
| Vestiges majeurs | Murs d’enceinte, cuisine, chapelle castrale, puits |