Société Landreville Aube (10)

À Landreville, un jeune vigneron de l’Aube mise sur le maraîchage bio après un millésime calamiteux

À 30 ans, Clément Robert, septième génération de sa famille, a repris le domaine familial à Landreville en 2019 et engagé une conversion en agriculture biologique tout en diversifiant son activité vers le maraîchage après une récolte fortement impactée par le mildiou.

À Landreville, un jeune vigneron de l’Aube mise sur le maraîchage bio après un millésime calamiteux
©Illustration IA Étienne Marchal / we-news.com

Un retour aux sources et une conversion engagée

Originaire de l'Aube, Clément Robert, 30 ans, a repris en 2019 l'exploitation familiale située à Landreville pour redonner vie à une production arrêtée par la génération précédente. Après des études en viticulture à Avize et Beaune, puis des vendanges réalisées aux États‑Unis, en Nouvelle‑Zélande et en Australie, il est revenu travailler dans la Marne et l'Aube, notamment au sein de la maison Fleury à Courteron, reconnue pour son engagement en biodynamie.

Du champagne Léon à la diversification

Sous le nom de Champagne Léon — en hommage au prénom de son grand‑père — le jeune vigneron représente la septième génération de sa famille à cultiver ce terroir. Il a rapidement orienté l'exploitation vers une agriculture certifiée biologique. Mais, confronté aux aléas climatiques, il a choisi d'élargir le périmètre d'activités avec le maraîchage biologique.

Le déclic de cette diversification est lié à un épisode précis : le millésime 2019, décrit par le vigneron comme « catastrophique ». Les intempéries de cette année‑là, notamment de fortes pluies favorisant les maladies de la vigne comme le mildiou, ont entraîné de lourdes pertes de récolte, incitant à ne pas « mettre tous ses œufs dans le même panier ».

« Ça s’est fait surtout après le millésime 2019, qui a été catastrophique. … Je me suis dit que ce serait quand même bien de diversifier, de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. »

Des choix motivés par le sens local et la complémentarité

Pour Clément Robert, la diversification ne relève pas d’une simple recherche de revenus complémentaires : elle répond aussi à un projet cohérent avec le territoire et les attentes locales. Le maraîchage bio offre une activité saisonnière et des débouchés proches, susceptibles de s'articuler avec la viticulture sur le même domaine.

  • Relance de la production familiale sous l'appellation Champagne Léon.
  • Conversion progressive des parcelles à l'agriculture biologique.
  • Mise en place d'une activité de maraîchage biologique pour diversifier les revenus et sécuriser l'exploitation.

Un parcours marquant : études, voyages et expérience pratique

Le parcours du jeune agriculteur combine formation et expériences internationales. Après des études spécialisées en viticulture, ses vendanges à l'étranger lui ont apporté des références techniques et des méthodes opérationnelles qu'il transpose aujourd'hui sur son exploitation. Son passage chez Fleury, reconnu pour la biodynamie, a contribué à nourrir ses choix de conduite culturale.

Enjeux locaux et perspectives

Dans un département où la viticulture champenoise reste un pilier, la trajectoire de ce jeune producteur illustre deux tendances : la volonté de transition vers des modes de production plus durables et l'importance de la diversification pour la résilience des exploitations face au changement climatique. À l'échelle locale, de telles initiatives peuvent aussi renforcer l'offre alimentaire locale et la commercialisation directe.

Chronologie

AnnéeÉvénement
Avant 2019Interruption de la production par la génération précédente
2019Reprise du domaine familial par Clément Robert; millésime fortement détérioré
Depuis 2019Conversion vers le bio et mise en place d'un maraîchage biologique

Ce que cela signifie pour les consommateurs et le territoire

Pour les consommateurs, l'orientation vers des produits biologiques locaux signifie davantage d'offres de proximité et une traçabilité renforcée. Pour le territoire aubois, l'apparition de maraîchers issus du monde viticole est un signe d'adaptation : face aux aléas, les exploitants recomposent leurs activités pour maintenir des exploitations viables et offrir des services alimentaires et économiques au tissu local.

Sans chiffres précis sur la surface ou la production communiqués, le parcours de Clément Robert reste un exemple concret de la manière dont de jeunes agriculteurs entretiennent la tradition viticole tout en innovant par la diversification et la conversion écologique.

Étienne Marchal
Étienne IA Chef du service Société en ligne

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