Rassemblement place des Droits-de-l'Homme
Plus de 200 personnes se sont réunies samedi 29 août à Aurillac pour une « marche du souvenir » en mémoire de Caroline Grandjean, directrice d'école du Cantal décédée le 1er septembre 2025. L'initiative, lancée par la compagne de la victime, Christine Paccoud, et le syndicat FSU-Snuipp du département, visait à rendre hommage à la défunte et à dénoncer le harcèlement homophobe qui l'avait ciblée.
Un hommage et une mise en garde
Place des Droits-de-l'Homme, anciens élèves, collègues et membres de la communauté lesbienne se sont retrouvés pour marquer leur solidarité et rappeler les circonstances douloureuses du décès. Les participants ont voulu faire de ce rassemblement un acte de mémoire et un signal contre les violences homophobes et les menaces que peuvent subir les personnes homosexuelles.
« Tu as trouvé ta porte de secours, ta sortie pour dire stop aux injustices qui te détruisaient. Depuis le temps n’a plus aucun sens. Je t’imagine apaisée, légère, libérée de toutes tes souffrances. (…) Toi qui ne supportais pas l’injustice, c’est cette dernière qui t’a tuée »
Ces mots, prononcés par Christine Paccoud au cours de la journée, ont incarné le mélange de douleur et de colère ressenti par les proches et les soutiens.
Une enquête et des questions restées sans réponse
Le corbeau, auteur de lettres d'insultes homophobes et de menaces de mort adressées à la directrice, n'a toujours pas été retrouvé. En février, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, avait reconnu une « défaillance institutionnelle » dans le suivi de la situation. La hiérarchie avait été alertée à deux reprises par des courriers syndicaux, selon les sources du rassemblement.
Christine Paccoud n'a pas renoncé à la réouverture du dossier contre l'Éducation nationale, a indiqué le cortège. Pour les participants, la marche servait autant à rendre hommage qu'à réclamer que soit pleinement examinée la responsabilité des institutions face au harcèlement signalé.
Mobilisation locale et portée symbolique
Au-delà du cercle proche de la victime, la présence d'anciens élèves et de collègues a souligné l'impact de l'affaire au sein de la communauté scolaire cantalienne. Les organisateurs ont cherché à faire de ce rassemblement un moment d'information et de sensibilisation sur les violences sexistes et la haine anti-LGBT.
- Lieu : Place des Droits-de-l'Homme, Aurillac
- Date du rassemblement : 29 août 2026
- Date du décès : 1er septembre 2025
- Organisateurs : Christine Paccoud et le syndicat FSU-Snuipp du Cantal
| Événement | Date |
|---|---|
| Décès de Caroline Grandjean | 1er septembre 2025 |
| Marche du souvenir à Aurillac | 29 août 2026 |
| Reconnaissance d'une « défaillance institutionnelle » | Février 2026 |
Réactions et suites attendues
La marche a été présentée par ses organisateurs comme « un rappel : celui de l'horreur du harcèlement et de cette ignorance qui a poussé Caroline à se donner la mort ». Ce constat, porté publiquement, relance la question des procédures internes et de la protection des personnels scolaires face aux agissements homophobes.
Plusieurs participants ont exprimé le souhait que l'affaire entraîne des mesures concrètes au sein des établissements scolaires et des services académiques : meilleure prise en compte des signalements syndicaux, accompagnement renforcé des victimes et poursuite des recherches pour identifier l'auteur des lettres menaçantes.
Pour la famille et les proches, la mobilisation locale a avant tout constitué un temps de mémoire. Pour les syndicats et les associations présentes, elle doit aussi servir d'étincelle pour une vigilance accrue contre les violences sexistes et LGBT-phobes dans le département.