Le tribunal d'Auch réagit publiquement
Les magistrats du tribunal judiciaire d'Auch ont adopté une motion, rendue publique début juin, pour exprimer leur vive préoccupation face aux comportements hostiles dont ils se disent victimes depuis la disparition et la mort de Lyhanna. Dans ce texte, l'ensemble des magistrats — fonctionnaires et contractuels — déplore des « insultes, menaces de mort reçues par madame la Procureure de la République, discours de certains justiciables en audience » et impute en partie cette montée de la défiance à un climat politique général.
Une dénonciation du « discours politique décomplexé »
La motion met en cause « un discours politique décomplexé » provenant, selon les signataires, de « personnalités politiques placées au plus haut niveau de responsabilité ». Le texte fait allusion aux prises de position publiques récentes de responsables nationaux — notamment des propos du garde des Sceaux et du chef de l’État — critiquant durement le fonctionnement de la justice dans le sillage de l'affaire. Les magistrats rappellent toutefois, en préambule, leur compassion pour la famille et les proches de Lyhanna.
« Cette défiance publique envers la magistrature a déjà des conséquences : insultes, menaces de mort reçues par madame la Procureure de la République, discours de certains justiciables en audience. »
Des services sous tension : chiffres et organisation
Pour souligner la pression qui pèse sur le parquet, la motion rappelle des chiffres concrets : en 2025, le tribunal affirme avoir reçu 10 000 plaintes pour seulement trois magistrats du parquet, au service d'une population évaluée à 192 000 habitants. Ces éléments visent à mettre en lumière l'écart entre la charge de travail et les moyens humains disponibles.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Plainte(s) reçue(s) en 2025 | 10 000 |
| Magistrats du parquet | 3 |
| Population concernée | 192 000 habitants |
Conséquences concrètes et climat local
Les magistrats expliquent que la défiance publique se traduit non seulement par des propos hostiles mais aussi par une dégradation des conditions de travail et de sécurité pour le personnel judiciaire. Ils insistent sur la nécessité d'un respect de l'institution et d'un dialogue mesuré, tout en reconnaissant la douleur et l'émotion suscitées par l'affaire. Le document adopté appelle implicitement à une responsabilité des discours publics, sans toutefois demander formellement de mesures disciplinaires précises à l'encontre de tel ou tel acteur politique.
Ce que réclament les magistrats
La motion, telle qu'énoncée, vise à alerter l'opinion et les pouvoirs publics sur des faits constatés et à obtenir une prise en compte des conséquences humaines et organisationnelles. Les magistrats souhaitent que cesse la stigmatisation et que soit rétabli un climat de confiance permettant le bon exercice de leurs missions, qui englobent l'instruction des affaires, la mise en œuvre de l'action publique et la tenue des audiences.
- Rappel de la compassion pour la famille et les proches de Lyhanna.
- Demande d'un respect de la magistrature face aux insultes et menaces.
- Signalement du déséquilibre entre charges (10 000 plaintes) et moyens (3 magistrats du parquet).
La motion votée au tribunal d'Auch est destinée à rendre compte d'un malaise interne et à alerter les autorités compétentes et l'opinion publique sur les risques encourus lorsque l'émotion collective se transforme en mise en cause systématique des acteurs judiciaires. À ce stade, le tribunal ne formule pas de revendications procédurales précises mais invite à un retour au calme et à la protection du personnel judiciaire, condition jugée indispensable pour assurer le traitement serein et professionnel des dossiers.