Un dispositif expérimental jugé partiellement efficace
La commune de Schaerbeek a décidé de ne pas proposer la prolongation du plan de sécurité mis en place dans le quartier de la rue de Brabant et ses abords, a indiqué lundi le bourgmestre en fonction. Entré en vigueur le 1er avril, ce plan prévoyait notamment des fermetures nocturnes entre 1 h et 6 h afin de réduire nuisances, criminalité et problèmes liés à la drogue autour de la gare du Nord et de la rue d'Aarschot.
Selon un rapport de police rendu la semaine dernière et qualifié d'« équilibré » par l'échevin communal, les résultats sont contrastés : si les nuits sont « plus calmes », la criminalité ne s'est pas globalement réduite et s'est déplacée en grande partie vers la journée. Le bourgmestre a rappelé que l'objectif premier — moins de délits et une vie nocturne apaisée sans déplacement des problèmes — n'a pas été atteint.
« Les nuits dans le quartier sont plus calmes, mais la criminalité en général n'a pas diminué. Ce n'est pas le but recherché. Je ne proposerai pas de prolonger ces mesures. »
Mesures de sécurité et responsabilités partagées
La zone concernée inclut la gare du Nord, un pôle de transit majeur pour les navetteurs et un secteur où sont concentrés des établissements liés à la prostitution, du trafic et de la consommation de stupéfiants. Le bourgmestre a précisé que des renforts policiers envoyés par l'État fédéral sont déployés dans le quartier, mais il a aussi rappelé la distinction des compétences : la gestion des incidents à l'intérieur de la gare relève principalement de la police fédérale (police ferroviaire).
Faute de chiffres précis sur les incidents à l'intérieur de la gare, le mandaté communal a indiqué qu'il ne pouvait pas se prononcer sur la situation interne à l'infrastructure ferroviaire. En revanche, il s'est engagé à travailler pour rendre le secteur autour de la gare plus agréable pour les navetteurs et les Bruxellois.
Vers des solutions « plus durables »
Plutôt que de prolonger un dispositif à durée déterminée qui a montré ses limites, l'administration communale dit vouloir réfléchir à des réponses plus structurantes « à tous les niveaux ». Parmi les pistes évoquées figure le « Plan Trottoir » porté par l'échevine Groen Gudrun Willems, destiné à améliorer la propreté et l'usage de l'espace public dans le quartier du Brabant.
- Entrée en vigueur du plan : 1er avril
- Fermetures nocturnes prévues : 1 h–6 h
- Durée initiale prévue des mesures : jusqu'à la fin septembre
| Élément | Détail |
|---|---|
| Période d'application | 1er avril – fin septembre (mesures temporaires) |
| Objectif | Réduire nuisances nocturnes, trafic et consommation de stupéfiants |
| Constat policier | Nuits plus calmes mais déplacement et maintien de la criminalité en journée |
La décision de ne pas renouveler ces fermetures n'exclut pas un renforcement de la présence policière : la commune rappelle que des renforts fédéraux ont été déployés dans le secteur. Le message politique est clair : les mesures ponctuelles peuvent apporter une amélioration temporaire du cadre de vie, mais elles ne remplacent pas des stratégies durables mêlant propreté, prévention sociale, contrôle policier et coordination interinstitutionnelle.
Pour les riverains et les usagers, la question reste concrète : comment concilier sécurité, accueil des navetteurs et dynamisme commercial, tout en limitant la mobilité des problématiques vers d'autres moments de la journée ou d'autres quartiers ? Les prochains mois seront consacrés à l'élaboration de scénarios alternatifs et à la concertation, notamment autour du Plan Trottoir et d'autres mesures d'urbanisme et de police.