Un chantier régional qui redistribue la collecte par quartier
La secrétaire d’État bruxelloise en charge de la Propreté publique, Audrey Henry (MR), a détaillé vendredi la future organisation régionale de la propreté, dont l’entrée en vigueur est prévue en 2027. La réforme abandonne la logique communale pour opter sur un découpage par quartier, adapté à la densité de population et à la typologie de l’habitat. Concrètement, certaines zones verront la mise en place d’espaces‑tri destinés à remplacer la collecte en porte‑à‑porte.
À Ixelles, comme à Saint‑Josse, la commune se dit prête à accueillir ces dispositifs expérimentaux. Dans un contexte urbain dense comme celui de la capitale, les autorités veulent tester des solutions localisées pour optimiser les tournées et réduire les sacs abandonnés en rue.
Calendrier et chiffres clés de la phase test
Le plan annoncé prévoit le déploiement progressif de 120 espaces‑tri durant la législature. La phase expérimentale comprendra deux quartiers volontaires — chacun représentant environ 2 000 logements — qui bénéficieront d’un projet pilote composé de 30 espaces‑tri par quartier. En complément, 60 espaces‑tri seront installés à travers la Région afin d’élargir progressivement la couverture.
| Elément | Nombre |
|---|---|
| Espaces‑tri prévus cette législature | 120 |
| Projets‑pilotes (quartiers) | 2 (≈ 2 000 logements chacun) |
| Espaces‑tri complémentaires | 60 |
| Ramassage des sacs blancs | 1 fois par semaine |
Vers moins de porte‑à‑porte, mais quelles conséquences locales ?
Les espaces‑tri sont décrits comme des conteneurs, soit enterrés soit en surface, où les citoyen·nes pourront déposer les fractions triées (PMC, ordures ménagères, flux organiques, selon les quartiers). Sur le plateau de Bonsoir Bruxelles, la secrétaire d’État a insisté sur la phase test qui doit permettre d’« en tirer les enseignements » avant tout déploiement plus large.
« C’est un conteneur qui est soit enterré, soit en surface et donc dans lequel les citoyens peuvent venir déposer leurs déchets. Suivant évidemment la fraction de déchets qui sera collectée, donc PMC, ordures ménagères ou flux organiques. »
Pour les habitant·es d’Ixelles, la bascule d’un système porte‑à‑porte vers des points d’apport collectif pose des questions pratiques : accessibilité des points de dépôt, heures d’accès, sécurité des installations et gestion des dépôts sauvages. Les associations de quartier et le personnel communal devront être associés au calendrier pour préparer l’information, la signalétique et la surveillance des sites pilotes.
Pourquoi Ixelles a‑t‑elle été sollicitée ?
La Région a choisi d’adapter les modalités de collecte « suivant la densité de population et la typologie de l’habitat ». Ixelles, caractérisée par une forte densité et une mixité d’habitat (immeubles de rapport, maisons mitoyennes, résidences étudiantes), est un terrain approprié pour évaluer l’impact opérationnel et comportemental des espaces‑tri. Par ailleurs, la coordination avec la zone de police et les services communaux sera essentielle pour limiter les dépôts illicites autour des conteneurs.
- La réforme s’inscrit dans une volonté régionale d’optimiser les collectes et de réduire la présence de sacs en rue.
- La phase test est volontaire : des quartiers seront choisis avec l’accord des communes concernées.
- Les retours des expérimentations détermineront l’éventuelle extension des espaces‑tri dans l’ensemble de la Région.
Les prochaines étapes pour Ixelles consisteront à préciser les quartiers candidats, le calendrier d’implantation et les modalités de communication aux riverain·es. À mesure que la Région publiera des détails pratiques, la commune devra expliciter comment elle entend accompagner la population (calendriers, cartes, points de contact) pour limiter la confusion et les risques de dépôts sauvages. Sur le terrain, la réussite de l’opération dépendra autant de la technique que de la pédagogie et du dialogue local.