Conflit interne chez Les Engagés : un bastion jettois secoué
À Jette, la formation centriste qui occupe la bourgmestre voit ses rangs ébranlés par des dissensions internes. Plusieurs élu·e·s de la Liste de la Bourgmestre expriment publiquement et off the record leur mécontentement à l’égard de la conduite politique et managériale de la bourgmestre, Claire Vandevivere (Les Engagés). Les reproches portent sur un manque de clarté stratégique et un style décisionnel jugé autoritaire par certains acteurs locaux.
Le malaise n’est pas récent : il cumule des déceptions électorales et des tensions personnelles. Les résultats des élections de 2024 ont été accueillis comme une «victoire décevante» pour la Liste de la Bourgmestre, qui a vu son nombre de sièges diminuer par rapport au précédent scrutin. Ce recul, commentent des observateurs, alimente rancœurs et frustrations au sein du groupe.
Critiques internes et langage cru
Plusieurs mandataires centristes n’hésitent pas à employer un langage dur pour décrire la situation actuelle. Officiellement, les griefs mentionnent un autoritarisme et un manque de leadership. Off the record, les propos sont plus vifs : « Il n'y a pas de ligne claire. L'administration ne sait plus à quel saint se vouer », rapporte un élu. Un autre déplore :
« On n'arrête pas de tourner en rond. L'administration est épuisée. Claire ne sait pas quoi faire : elle ne sait pas décider et court comme une poule sans tête. »
Ces témoignages illustrent le niveau de frustration au sein d’une majorité longtemps considérée comme un pilier local du centre. Les tensions concernent également des décisions administratives récentes, notamment le licenciement de l’ancien chef de cabinet, proche de l’ancien bourgmestre, geste qui revient fréquemment dans les discussions comme un élément aggravant.
Médiation lancée par la direction nationale
Face à l’escalade, le parti Les Engagés a dépêché un médiateur tant à Jette que dans l’échevinat bruxellois visé par des difficultés similaires. Selon des informations relayées par la presse, cette intervention a été organisée par la direction du parti dans le but d’apaiser les tensions et de restaurer un dialogue opérationnel au sein des équipes.
- Origines du conflit : accumulation de griefs personnels et organisationnels.
- Facteurs aggravants : recul électoral en 2024 et licenciement d’un chef de cabinet.
- Réponse du parti : envoi d’un médiateur la semaine dernière.
Conséquences pour la gestion communale
Si la situation reste pour l’instant interne au parti, ses retombées peuvent affecter le quotidien communal. Des élus évoquent une fatigue administrative et un flou sur les orientations, ce qui peut compliquer la prise de décisions au collège et la mise en œuvre de politiques locales. La relation froide entre la bourgmestre et la présidente du CPAS, Nathalie Vandenbrande, est également signalée comme source de tensions institutionnelles, avec des répercussions possibles sur la coordination entre la commune et le CPAS.
| Événement | Constat |
|---|---|
| Transfert du pouvoir (2022) | Hervé Doyen a transmis le flambeau à Claire Vandevivere |
| Élections communales (2024) | Résultat jugé décevant : perte de cinq sièges |
| Médiation | Médiateur envoyé par Les Engagés (jeudi dernier) |
Pour l’heure, aucune sécession formelle n’a été annoncée, mais certains parlaient déjà d’« implosion » au sein du groupe. Les prochains jours seront scrutés par les acteurs politiques et administratifs de Jette : l’enjeu est de restaurer un fonctionnement serein du collège et d’apaiser des relations personnelles qui semblent entamer la capacité de décision communale.
Sur le terrain, habitants et partenaires institutionnels attendent des signaux clairs : continuité des services, stabilité des équipes et orientation politique lisible. Le succès de la médiation engagée par Les Engagés pourra être un élément déterminant pour éviter une crise plus profonde au cœur de la majorité jettoise.
Correspondant à Bruxelles — WE NEWS