Un album pour revenir sur une trajectoire entamée à Munich et construite à Bruxelles
Marin Kasimir, artiste né à Munich en 1957 et installé à Bruxelles depuis 1982, fait l’objet d’un important ouvrage monographique publié par les Éditions Marot. Le livre, intitulé Marin Kasimir : From Here to There, Works and Projects 1978-2025, rassemble images et textes qui parcourent près de cinquante ans de travaux et de projets, et permet de mesurer l’ampleur d’une pratique faite d’expérimentations visuelles et de déplacements géographiques.
Les responsables de l’ouvrage, menés par Jan Martens, ont confié à Ory Dessau et Jacinto Lageira la rédaction des contributions qui accompagnent les images. Selon la présentation éditoriale, le livre, publié en anglais, conjugue grande qualité d’impression et approche critique pour « susciter la surprise autant que l’émotion » chez le lecteur.
« C’est un bien beau livre, en effet, un album remarquable tant par les images pleines pages que par les propos d’Ory Dessau et Jacinto Lageira. »
De l’Atomium aux panoramas circulaires — un parcours bruxellois et international
Arrivé à Bruxelles au début des années 1980, Kasimir s’est rapidement fait remarquer : il reçoit le Prix de la Jeune Peinture Belge en 1985. Ses premières démonstrations publiques incluent des installations d’architectures de briques présentées au Palais des Beaux-Arts, une expérience qui a marqué les observateurs et contribué à construire sa réputation locale.
Depuis, sa carrière s’est étendue « tous azimuts » : expositions et résidences l’ont mené de Bruxelles à des villes européennes telles que Rennes, Lyon, Munich, Amsterdam, Bordeaux, Toulon ou Issoudun, et jusqu’à Shanghai. Une résidence à l’Atelier Calder, à Saché, en 2018, figure parmi les étapes récentes de sa trajectoire.
- Prix reçu : Prix de la Jeune Peinture Belge (1985).
- Résidence notable : Atelier Calder, Saché (2018).
- Villes d’exposition : Bruxelles, Rennes, Lyon, Munich, Amsterdam, Bordeaux, Toulon, Issoudun, Shanghai.
Des séries aux formats variés — le panorama comme marque
L’ouvrage met en lumière la diversité des démarches de Kasimir. Parmi ses recherches, le panorama circulaire occupe une place particulière : cette forme restitue au spectateur une sensation de vertige et redéploie la présence des individus dans l’espace photographié, selon la lecture proposée par les auteurs. Le travail sur le panorama se présente comme un « court‑circuit » des lieux communs visuels, en offrant une lecture renouvelée des scènes urbaines et paysagères.
Par ailleurs, une série photographique documentant l’envers du décor américain — allant de Monument Valley à Las Vegas — figure parmi les projets évoqués et a été montrée au Musée de la Photographie à Charleroi. Ces images prolongent la réflexion de Kasimir sur l’architecture, l’espace et la mise en scène des lieux.
| Éléments | Informations |
|---|---|
| Naissance | Munich, 1957 |
| Installation à Bruxelles | 1982 |
| Prix majeur | Prix de la Jeune Peinture Belge, 1985 |
| Ouvrage | From Here to There, Works and Projects 1978-2025 (Éditions Marot) |
| Auteurs des textes | Ory Dessau, Jacinto Lageira |
Pourquoi ce livre intéresse Bruxelles
Pour la scène culturelle bruxelloise, cet album est l’occasion de réévaluer et de célébrer un parcours d’artiste profondément ancré dans la capitale. Kasimir y est à la fois protagoniste local — lauréat d’un prix belge et créateur d’installations au Palais des Beaux‑Arts — et acteur d’un réseau international d’expositions et de résidences. Le livre, en réunissant travaux et réflexions, offre aux professionnels, aux étudiants en arts et au public curieux un outil de découverte et d’analyse.
À Bruxelles, où la diversité des pratiques artistiques est une richesse, la publication d’un tel ouvrage rappelle aussi l’importance des éditeurs et des critiques pour documenter les carrières et rendre accessibles des corpus visuels parfois diffus. Les éditions Marot, sous la direction de Jan Martens, signent ici un projet qui vise à traduire visuellement et textuellement l’intensité d’une œuvre construite sur le long terme.
Reste à espérer que le rythme des expositions et la circulation internationale de Kasimir continueront de nourrir les pages à venir, et que le public bruxellois pourra voir, revenir et confronter ces images au réel des salles d’exposition.