Conflit autour de la méthode de dératisation au centre-ville
Depuis la rentrée, le piétonnier du centre de Bruxelles est au cœur d’une controverse : la Ville a augmenté ses moyens pour lutter contre la prolifération des rats et a installé sur place une quinzaine de dispositifs qualifiés de « pièges intelligents ». Ces boîtes, expliquent les services communaux, contiennent un liquide attractif ; le rongeur y pénètre et se noie, puis le cadavre est « congelé » en attendant l’enlèvement par une firme d’équarrissage.
Selon l’administration communale, ces mesures s’inscrivent dans une montée en puissance des opérations de dératisation. Sur la période allant de février à cette rentrée de septembre 2026, la Ville indique que plus de 1 000 rats ont été tués à Bruxelles. Les commerçants du piétonnier, qui évoquent des images de rongeurs « sous les tables » ou « sous les pieds des clients », se disent soulagés par des actions visibles mais redoutent aussi un impact négatif sur la fréquentation.
Gaia dénonce une méthode « cruelle »
L’ONG de protection animale Gaia a vivement réagi à l’usage de ces pièges. Pour son responsable des opérations, les dispositifs provoquent une « mort par asphyxie » et sont contraires à l’éthique de traitement des animaux. Gaia juge ces pratiques inacceptables et appelle à leur interdiction.
« C'est une mort par asphyxie. C'est cruel et à bannir. Ces dispositifs font souffrir »
L’association plaide pour des alternatives non létales et davantage de mesures préventives : conteneurs fermés, moins de sacs et de déchets en rue, nettoyage renforcé et entretien des espaces verts. Elle évoque aussi la piste de la contraception, déjà utilisée aux États-Unis, comme solution de long terme afin de limiter la reproduction.
Des enjeux d’hygiène, d’image et d’efficacité
Les autorités locales soulignent la nécessité d’agir face à un problème d’hygiène réel et persistant. Elles mettent en avant l’augmentation des moyens budgétaires et le déploiement d’équipements dits « intelligents » pour produire un effet rapide dans des zones à forte fréquentation comme le piétonnier.
- Mesure mise en œuvre : déploiement d'une quinzaine de boîtes « pièges intelligents » dans le piétonnier.
- Résultat annoncé : plus de 1 000 rats tués entre février et septembre 2026 à Bruxelles (statut municipal).
- Position d’une ONG : Gaia exige l’abandon de la noyade et promeut des solutions préventives ou contraceptives.
Le débat met en évidence un dilemme classique : des mesures létales rapides face à une pression publique et commerciale accrue, contre des stratégies de prévention et d’évitement potentiellement plus longues et coûteuses mais plus acceptables pour certaines associations de protection animale.
| Élément | Information disponible |
|---|---|
| Nombre de pièges déployés | Environ 15 dans le piétonnier |
| Nombre de rats abattus (févr.–sept. 2026) | Plus de 1 000 |
À ce stade, la Ville affirme vouloir « agir » mais n’a pas publié d’évaluation publique détaillée des méthodes utilisées ni de calendrier précis pour le passage éventuel à d’autres approches. De leur côté, les commerçants réclament des résultats tangibles pour garantir la fréquentation et la sécurité sanitaire, tandis que des acteurs de la société civile demandent davantage de transparence et le respect d’un cadre éthique.
La question pourrait s’inviter prochainement dans les débats locaux : les décisions prises dans les rues commerçantes du centre auront des conséquences sur la gestion de l’espace public, l’image touristique de Bruxelles et la manière dont la capitale concilie exigence d’hygiène et protection du vivant.