La préfecture de Corse‑du‑Sud a de nouveau tiré la sonnette d'alarme face à l'état des ressources en eau du département. Après la Haute‑Corse, c'est au tour du sud de l'île d'être placé sous surveillance renforcée : la sécheresse, alimentée par un été très chaud et un déficit de pluviométrie, perdure en ce mois de septembre.
Une situation aggravée par des températures anormalement élevées
Les services de l'État soulignent un déficit marqué d'humidité des sols, conséquence de températures encore nettement supérieures aux normales saisonnières. Sur la première quinzaine de septembre, les relevés indiquent une anomalie thermique notable qui a conduit à une évaporation accrue et à une recharge des nappes ralentie.
Le comité des ressources en eau attire l'attention sur des secteurs précis du département. L'Ouest Corsica et le Sud‑Est présentent des tensions particulières, tandis que des microrégions autour d'Evisa, Piana, Ota et Cargèse continuent d'afficher un niveau d'alerte renforcé. La situation est également préoccupante du côté de Sari‑Solenzara.
Restrictions maintenues, sobriété demandée
Des mesures limitant certains usages de l'eau sont en place depuis plusieurs semaines et resteront applicables au moins jusqu'au 31 octobre. Le communiqué préfectoral précise toutefois qu'un ajustement des mesures reste possible en fonction de l'évolution météorologique et des observations hydrologiques.
« La recharge des nappes phréatiques et des cours d'eau reste lente », note le Palais Lantivy.
La préfecture appelle la population à la « sobriété » : économies domestiques, limitation des arrosages non essentiels, report de certains usages non prioritaires. Si la pluie et les orages sont attendus à court terme, les autorités rappellent que leur impact sur les réservoirs et nappes peut être limité et lent.
Conséquences pour l'agriculture et les usagers
Sur l'ensemble de la Corse, la hausse des températures et le manque de précipitations pèsent sur la disponibilité de l'eau destinée à l'irrigation. En Haute‑Corse, la plaine orientale a déjà franchi un seuil critique, avec des réserves de l'office hydraulique de la Corse remplies à moins de 20 % de leur capacité et des suspensions d'irrigation décidées pour certaines filières. La proximité de cette situation renforce l'inquiétude côté sud de l'île, où les acteurs agricoles suivent de près l'évolution des restrictions.
Pour les collectivités et les gestionnaires de réseau, la priorité reste d'assurer l'alimentation en eau potable tout en préservant les usages essentiels. Les travaux d'entretien et les interventions techniques visant à réduire les pertes sont également encouragés.
Où en est-on exactement ?
Le tableau ci‑dessous synthétise les principaux secteurs cités par les services de l'État et leur niveau d'alerte actuel.
| Secteur | Constat |
|---|---|
| Ouest Corsica | Tension sur les ressources |
| Sud‑Est | Situation préoccupante |
| Evisa, Piana, Ota, Cargèse | Alerte renforcée |
| Sari‑Solenzara | Alerte renforcée |
Que faire au quotidien ?
Face à une situation qui peut évoluer rapidement, les services de l'État et les collectivités recommandent des gestes simples pour tous les usagers :
- Réduire l'arrosage des jardins et espaces verts, privilégier des plages horaires autorisées si elles existent ;
- Reporter le lavage des véhicules non professionnels et l'arrosage des terrasses ;
- Signaler toute fuite d'eau au gestionnaire ou à la mairie ;
- Privilégier des douches courtes plutôt que des bains et limiter les consommations domestiques non essentielles.
Les autorités rappellent enfin que la météo peut apporter un répit local mais que la restauration durable des nappes et des cours d'eau dépend de pluies régulières et d'une baisse prolongée des températures. En attendant, la vigilance et la coopération de tous restent indispensables pour limiter les conséquences sanitaires, environnementales et économiques de cette sécheresse.
La préfecture a diffusé son communiqué dans l'après‑midi de vendredi ; les communes et les services compétents resteront mobilisés pour adapter les mesures si la situation hydrologique venait à s'améliorer ou, au contraire, à se dégrader.