Un foyer éteint mais des opérations de sécurité prolongées
Dans la nuit de mardi 11 à mercredi 12 août, un imposant incendie a touché le site de la société Derichebourg, rue Henry-de-Rochebouët, à Grand-Couronne, à proximité de Rouen. Les secours ont été alertés à 1 h 54 pour un feu affectant un important tas de métaux. À leur arrivée, environ 4 000 m³ de matériaux étaient engagés.
Les pompiers ont rapidement déployé des moyens pour éviter la propagation vers deux autres amas voisins : deux lances canon ont été mises en œuvre dans un premier temps. Vers 6 h 30, le feu principal était considéré comme éteint. Restent toutefois les opérations de refroidissement et d’étalement des matériaux pour traiter les points chauds, qui devaient se prolonger jusqu’en fin de journée.
Des moyens importants engagés
Le dispositif de secours mobilisé mercredi matin comptait 54 sapeurs‑pompiers et 24 engins. Plusieurs lances ont été maintenues pour maîtriser les foyers résiduels et arroser les stocks afin de limiter tout risque de reprise.
| Éléments | Chiffres |
|---|---|
| Volume en feu | 4 000 m³ |
| Pompiers mobilisés | 54 |
| Engins sur place | 24 |
| Heure d'alerte | 1 h 54 |
Surveillance de la qualité de l’air et analyses en cours
Un important panache de fumée était visible et se dirigeait vers le secteur de Moulineaux. Les opérations d’arrosage ont généré une fumée blanche notable, liée au refroidissement des matériaux. Compte tenu de cette émission, un réseau de mesures a été immédiatement mis en place pour évaluer l’impact atmosphérique.
- Le Sdis76 a réalisé à plusieurs reprises des mesures de toxicité sur place ; celles-ci n'ont pas fait apparaître de concentrations significatives de substances dangereuses.
- La Dreal a procédé à des prélèvements d’air par canister pour élargir le spectre de recherche de composés potentiellement rejetés ; ces échantillons sont envoyés en laboratoire pour analyses complémentaires.
- Les opérations d’étalement et d’arrosage se poursuivent afin d’empêcher toute reprise et de traiter les points chauds.
« Aucune victime n'est à déplorer. »
Cette précision a été confirmée par les secours : aucun blessé n’a été signalé parmi le personnel du site ou les intervenants. Les autorités et l’exploitant restent toutefois attentifs aux conséquences environnementales et sanitaires éventuelles, en particulier pour les populations riveraines et les activités portuaires proches.
Enjeux locaux : industrie, port et vigilance collective
Le sinistre concerne une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) spécialisée dans le tri et la préparation de métaux en vue de leur réutilisation. Dans l’agglomération rouennaise, où la présence d’activités industrielles et portuaires est dense, la maîtrise des risques liés aux feux de déchets métalliques constitue un enjeu récurrent pour les services de secours et les autorités de contrôle.
Sur le plan pratique, les secours ont appelé la population à éviter le secteur pendant l’intervention afin de faciliter l’accès des moyens et de limiter l’exposition aux fumées. Les riverains concernés ont été tenus informés par les dispositifs locaux ; la poursuite des analyses de la qualité de l’air doit permettre d’affiner toute recommandation sanitaire éventuelle.
Les opérations engagées — extinction, refroidissement, étalement, prélèvements et analyses — illustrent la coordination entre pompiers, exploitant et services de l’État. Les résultats des analyses en laboratoire, transmis ultérieurement, préciseront si des composés particuliers ont été rejetés et s’il convient de prendre des mesures complémentaires vis‑à‑vis des habitants et des activités autour du site.
Sur le front local, la nuit d’intervention rappelle la vulnérabilité des sites de stockage et de préparation de matières recyclables et souligne l’importance d’une coopération poussée entre acteurs industriels et services d’urgence pour protéger la population et l’environnement de l’agglomération rouennaise.