Un rassemblement d'environ 200 personnes s'est tenu samedi 29 août devant la mairie de Sassetot‑le‑Mauconduit (Seine‑Maritime), à la suite de la condamnation de l'édile local pour des faits liés à la détention et à la diffusion d'images pédopornographiques. La manifestation intervient quatre jours après le jugement rendu par le tribunal correctionnel du Havre.
Un maire condamné mais toujours en fonction
Le maire, Éric Scarano, élu depuis 2008 dans cette commune d'environ 1 000 habitants, a été condamné le 27 août à 18 mois d'emprisonnement avec sursis, assortis d'un sursis probatoire de trois ans. La décision inclut également une interdiction de dix ans d'exercer une activité professionnelle ou bénévole en contact avec des mineurs et son inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (Fijaisv).
Malgré cette condamnation, il n'a pas, à ce stade, remis sa démission du mandat de maire. Il avait été interpellé et placé en garde à vue le 1er juillet. Sur le plan intercommunal, il avait déjà été suspendu, le 1er juillet, de ses fonctions de quatrième vice‑président de la communauté d'agglomération de Fécamp.
Appel unanime du conseil municipal
Le conseil municipal de Sassetot‑le‑Mauconduit a sollicité, à l'unanimité, le départ de l'édile. Cette décision institutionnelle s'ajoute à la mobilisation citoyenne observée devant la mairie. Parmi les personnalités présentes, Alain Bazille, conseiller départemental du canton de Fécamp et vice‑président du conseil départemental de Seine‑Maritime, a affirmé avoir échangé avec la famille de l'élu.
« Elle m'a assuré qu'il allait démissionner de toutes ses fonctions d'élu local. »
Cette déclaration, rapportée lors du rassemblement, laisse toutefois planer une incertitude tant que la démission n'est pas officiellement actée.
Réactions nationales
La condamnation a suscité des réactions en dehors du département. La haute‑commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, a commenté l'affaire sur le réseau social X en dénonçant la pédocriminalité comme « une abjection » et en appelant à ne pas banaliser de tels faits.
« La pédocriminalité est une abjection. Aucune excuse. Aucune banalisation. »
Conséquences judiciaires et administratives
Outre la peine principale et l'interdiction d'activité avec des mineurs, le prononcé comporte un sursis probatoire de trois ans. La condamnation résulte d'une procédure de comparution à délai différé jugée le 27 août par le tribunal correctionnel du Havre.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1er juillet 2026 | Interpellation et garde à vue de l'élu |
| 1er juillet 2026 | Suspension comme 4e vice‑président de la communauté d'agglomération de Fécamp |
| 27 août 2026 | Condamnation par le tribunal correctionnel du Havre |
| 29 août 2026 | Rassemblement devant la mairie et demande unanime de démission par le conseil municipal |
Impact local et questions en suspens
À court terme, la situation pose des questions pratiques pour la gestion communale. Tant que le maire conserve son mandat, la conduite des affaires de la commune repose sur lui, à défaut d'une démission formelle ou d'une mise en place d'une délégation par l'organe municipal. Le rassemblement et la motion du conseil révèlent une forte pression locale pour une clarification rapide de la situation.
Sur le plan humain et social, la condamnation ravive une préoccupation collective sur la protection des mineurs et la confiance envers les élus locaux. Les autorités administratives départementales et intercommunales suivent la situation, notamment parce que l'intéressé occupait jusqu'à sa suspension un rôle au sein de la communauté d'agglomération de Fécamp.
Ce qui peut se passer ensuite
Plusieurs issues sont possibles dans les semaines à venir : une démission formelle de l'intéressé, la mise en place d'une délégation temporaire des fonctions municipales, ou, à défaut, des démarches internes au conseil pour organiser la continuité du service public local. Le calendrier précis dépendra des choix de l'élu et des procédures administratives applicables.
- Faits établis : condamnation pour détention et diffusion d'images pédopornographiques, inscription au Fijaisv.
- Réaction institutionnelle : motion unanime du conseil municipal demandant la démission.
- Mobilisation citoyenne : rassemblement d'environ 200 personnes devant la mairie.
Sur le littoral et dans l'arrière‑pays, les conséquences de cette affaire continueront d'alimenter le débat public local tant que la situation administrative de la commune ne sera pas clarifiée.