Lors de l’audience solennelle de rentrée du tribunal judiciaire de Moulins, la présidence a dressé un bilan contrasté entre des renforts humains et des incertitudes persistantes sur l’état des bâtiments et la direction du parquet.
Renforcement des équipes : personnels et magistrats
La juridiction a accueilli, pour cette nouvelle rentrée, une quinzaine de nouveaux agents, principalement des greffiers et des cadres greffiers, professions jusque-là « en souffrance » au sein du tribunal, selon la présentation faite au public. La présence de ces nouveaux auxiliaires de justice est interprétée comme un signal positif : le greffier « assiste les magistrats et garantit l’authenticité et le bon déroulement de la procédure judiciaire ». Leur diversité de parcours a été soulignée lors de la présentation officielle.
- Deux nouveaux substituts du procureur ont rejoint le parquet.
- Trois nouveaux juges ont été présentés à l’audience solennelle.
- Une quinzaine de greffiers et cadres greffiers complètent désormais les équipes du tribunal.
Parquet : intérim et jeunes substituts
Depuis une semaine, le parquet de Moulins est dirigé par Alexa Carpentier qui assure l’intérim. Magistrate expérimentée, elle est avocate générale à la cour d’appel de Riom et exerce depuis 1998. Le dossier rappelle son itinéraire professionnel : substitut, vice-présidente en charge de l’instruction à Cusset, procureur par intérim à Montluçon et procureur de la République dans la Nièvre de 2018 à 2023. À Moulins, elle est désormais accompagnée de deux jeunes substituts :
| Nom | Âge | Attribution |
|---|---|---|
| Antoine Agnès | 30 ans | Substitut ; substitut des mineurs, en charge des atteintes aux personnes et des infractions à la législation sur les stupéfiants |
| Mathieu Legeay | 35 ans | Substitut (parcours professionnel cité brièvement) |
Le profil d’Antoine Agnès a été détaillé : après un parcours dans le Sud-Ouest, il a travaillé comme juriste assistant à la Cour de cassation, au sein du bureau du droit pénal du service de documentation, des études et du rapport (SDER), un service chargé de rassembler, analyser et diffuser la jurisprudence. Il avait interrompu sa thèse pour intégrer l’École nationale de la magistrature. À Moulins, il exercera notamment sur les dossiers sensibles touchant aux mineurs, aux atteintes aux personnes et aux stupéfiants.
Travaux du palais de justice : promesses sans calendrier
Sur la question des travaux du tribunal de Moulins, la présidente, Christelle Henriot Maurel, n’a pas pris d’engagements nouveaux. Les travaux sont évoqués depuis 2019 et la situation reste marquée par l’attente. En février 2026, lors d’une question au gouvernement, le ministre de l’Intérieur et garde des Sceaux, Gérald Darmanin, avait annoncé un soutien financier pour le site de Moulins.
« Le site de Moulins serait soutenu à hauteur de 30 millions d’euros. »
Depuis cette annonce, les participants à l’audience solennelle ont constaté que peu d’avancées concrètes sont visibles. La présidente s’est donc abstenue de détailler un calendrier précis des travaux, laissant subsister une incertitude sur les modalités et le calendrier de mise en œuvre des rénovations promises.
Conséquences et enjeux locaux
La combinaison d’un renforcement des effectifs et d’un flou sur les infrastructures illustre les défis actuels du service public de la justice à Moulins : il s’agit de maintenir une qualité de traitement des dossiers grâce aux ressources humaines, tout en garantissant des locaux adaptés et sécurisés pour les magistrats, les personnels et le public. L’absence de nomination pérenne d’un procureur, remplacé par un intérim, est également perçue comme une fragilité institutionnelle, même si la présence d’un staff de substituts rajeuni peut apporter une dynamique renouvelée.
Les Moulinois et les acteurs judiciaires locaux resteront attentifs aux annonces à venir, tant sur la concrétisation des crédits évoqués que sur la mise en chantier des travaux, afin que la modernisation promise se traduise en interventions visibles et durables.