Le syndicat Sud Éducation 11 a dressé un constat préoccupant à l'occasion de la rentrée 2026-2027 dans l'Aude. Les co-secrétaires départementales, Djamila Chachoua et Karine Abauzit, font état de remontées du terrain signalant des conditions sanitaires et matérielles jugées insuffisantes face aux épisodes de chaleur et à la gestion quotidienne des établissements.
Des salles de classe qui atteignent 34 °C
Les représentants syndicaux évoquent des températures atteignant jusqu'à 34 °C dans certaines salles de cours, avec « quelques malaises » parmi les élèves et le personnel. Selon elles, la consigne donnée aux équipes est de signaler les situations excessives afin d'enclencher des mesures de protection, voire de recourir au droit de retrait lorsque la situation l'exige.
« Il y a eu jusqu’à 34 °C dans certaines classes. Avec quelques malaises. On demande au personnel de faire des signalements quand la température est trop élevée. Il faut se protéger. Et éventuellement faire un droit de retrait. »
Le syndicat critique l'absence d'actions concrètes de la part des pouvoirs publics malgré l'existence de projets. Parmi les mesures recommandées localement figurent la végétalisation des cours, la rénovation thermique des bâtiments, l'installation de brasseurs d'air et l'aménagement des horaires en période de forte chaleur.
Inclusion : les AESH pointés du doigt
Autre sujet central pour Sud Éducation 11 : la situation des AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap). Les co-secrétaires dénoncent des conditions de travail « épouvantables » et des missions qui débordent les fiches de poste. Elles rapportent que, dans l'académie, 60 licenciements pour inaptitude ont été constatés, une donnée qu'elles jugent alarmante.
Le syndicat réclame la titularisation des AESH pour leur permettre d'accéder au statut de fonctionnaire et aux droits qui y sont associés, plutôt qu'une simple transformation des contrats en CDI sans perspective de carrière stable. Il rappelle que des annonces nationales évoquent 20 % de titularisations, mais s'interroge sur les critères et la mise en œuvre locale.
Mesures nationales contestées
Parmi les mesures annoncées au niveau national figure l'interdiction du téléphone portable dans les lycées. Pour Karine Abauzit, il s'agit d'« une annonce de plus » : la difficulté, selon le syndicat, est d'abord d'assurer l'application effective de cette règle et des règlements intérieurs, plutôt que de multiplier les annonces sans déploiement opérationnel.
Le syndicat critique également des mesures disciplinaires envisagées, telles que le renvoi d'un élève lorsque ses parents se comportent mal, estimant que certaines décisions traduisent un risque de « tri social » et ne répondent pas aux besoins éducatifs et sociaux des élèves.
Revendications et demandes
Sud Éducation 11 formule plusieurs demandes concrètes pour améliorer la situation dans le département :
- Renforcer les moyens pour la gestion de la chaleur dans les établissements (ventilation, rénovation thermique, végétalisation) ;
- Clarifier et accélérer les titularisations des AESH, avec des critères transparents ;
- Allouer des ressources pour la mise en œuvre effective des mesures annoncées au niveau national.
| Point | Chiffre cité |
|---|---|
| Température maximale rapportée dans des classes | 34 °C |
| Licenciements d'AESH pour inaptitude (académie) | 60 |
| Taux national annoncé de titularisation des AESH | 20 % |
Les co-secrétaires appellent à « des actions concrètes » plutôt qu'à des annonces. Elles insistent sur la nécessité d'une politique locale coordonnée pour protéger la santé des élèves et du personnel, garantir l'accompagnement des élèves en situation de handicap et assurer l'égalité d'accès à l'éducation.
À court terme, le syndicat invite le personnel à signaler toute situation à risque et rappelle le recours possible au droit de retrait lorsque les conditions de travail mettent en danger la santé des agents et des élèves. Le dialogue avec le rectorat, déjà sollicité par Sud Éducation 11, reste au centre des démarches pour obtenir des réponses chiffrées et des engagements précis.