Jeudi 24 septembre, au Forum de Laudun‑L'Ardoise (Gard), acteurs publics et privés des bassins économiques du Gard, du Vaucluse, de la Drôme et de l'Ardèche ont officialisé la création du Collectif interrégional économique (CIE). L’objectif annoncé : coordonner des actions et porter de manière commune les projets industriels structurants de la vallée du Rhône.
Une structure née de la volonté de mutualiser les positions
Présenté dans le cadre du salon Provence Occitane Proactive (POP), le CIE rassemble des acteurs issus de trois régions administratives — Occitanie, Auvergne‑Rhône‑Alpes (AuRA) et Provence‑Alpes‑Côte d'Azur (PACA) — et de quatre départements concernés par la dynamique industrielle du fleuve. La nouvelle organisation se présente comme un instrument de coordination, destiné à élaborer des propositions communes sur des dossiers précis plutôt qu'à créer un réseau supplémentaire.
« Notre volonté n'est pas de créer un réseau économique supplémentaire mais de travailler sur des sujets précis, construire des propositions communes et les porter collectivement auprès des bons décideurs »,
a déclaré Anthony Rouméas, vice‑président du CIE lors de la présentation.
La présidence a été confiée à Julien Monteiro, industriel drômois et dirigeant du Groupe M. Le choix d’un chef d’entreprise pour piloter la structure traduit la volonté d’ancrer le collectif dans le monde industriel et de rapprocher les besoins des entreprises des acteurs institutionnels.
Un focus immédiat sur des dossiers sensibles
Parmi les priorités évoquées figure la question — très suivie localement — d’un possible EPR 2 à Tricastin, sur le territoire de la Drôme. Si le projet reste à l’état d’hypothèse, ses enjeux potentiels en termes d’emplois, de chaîne d’approvisionnement industrielle et d’attractivité territoriale expliquent l’attention portée par les départements de la vallée du Rhône.
Les promoteurs du CIE entendent ainsi rassembler des éléments factuels et des propositions techniques pour alimenter les décisions, et peser auprès des autorités compétentes lorsque des arbitrages nationaux seront nécessaires.
Pourquoi un collectif interrégional ?
Les promoteurs du CIE avancent plusieurs raisons pratiques à cette structuration commune :
- mutualiser les expertises et les moyens pour monter des dossiers complexes ;
- présenter une voix commune face aux décideurs nationaux et aux investisseurs ;
- défendre les retombées locales (emplois, sous‑traitance, infrastructures) et la cohérence territoriale des projets.
Le format interrégional permet de dépasser les frontières administratives lorsque l’enjeu dépasse le seul périmètre d’un département ou d’une région, comme c’est souvent le cas pour les projets énergétiques et industriels de grande ampleur.
Ce que cela change concrètement pour les entreprises et les territoires
Le CIE se présente comme une plateforme d’animation : elle doit faciliter la remontée des besoins industriels, l’identification des filières locales capables de répondre aux marchés et la construction de réponses partagées aux appels à projets. Pour les petites et moyennes entreprises locales, cela peut représenter une opportunité d’accès à des marchés plus larges et une meilleure visibilité face aux grands donneurs d’ordres.
Pour les collectivités, la coordination vise à optimiser les leviers d’attractivité (formation, foncier, services) afin de capter les investissements et d’anticiper les besoins en emplois qualifiés.
| Élément | Contenu |
|---|---|
| Date de présentation | 24 septembre |
| Lieu | Forum Provence Occitane Proactive, Laudun‑L'Ardoise (Gard) |
| Départements impliqués | Gard, Vaucluse, Drôme, Ardèche |
| Régions concernées | Occitanie, Auvergne‑Rhône‑Alpes, PACA |
| Présidence | Julien Monteiro (Groupe M) |
Prochaines étapes et limites
Les responsables du CIE ont insisté sur la méthode : travailler sur des dossiers ciblés et produire des propositions concrètes. Ils n'ont pas souhaité, à ce stade, détailler le périmètre exact des membres ni le calendrier précis des travaux. La capacité du collectif à peser dépendra de sa crédibilité technique, de sa représentativité et de son aptitude à mobiliser des financements ou des soutiens institutionnels.
En l’absence d’informations supplémentaires publiques, il faudra suivre la publication des premières feuilles de route et des porte‑parole locaux pour mesurer l’impact réel de cette initiative sur les grands dossiers industriels du bassin rhodanien.
Pour les acteurs économiques et les élus concernés, le CIE apparaît comme un instrument pensé pour traduire en propositions opérationnelles les enjeux de développement industriel de la vallée du Rhône.