Une intersyndicale de sapeurs‑pompiers professionnels a appelé à la grève ce jeudi 13 août, une mobilisation nationale dont les revendications résonnent fortement dans l'Yonne. Les organisations réclament des moyens supplémentaires sur trois volets : le financement, le recrutement et la sécurité-santé des personnels.
Des effectifs en recul dans le département
Les représentants syndicaux du département soulignent une érosion des effectifs au cours des dernières années. « Sur les 10 à 15 dernières années, on a perdu 30 postes », affirme Stéphane Lessire, délégué syndical SUD dans l'Yonne. Ces suppressions concernent des postes présents « dans les ambulances, dans les engins d'incendie », précise-t‑il, et pèsent sur la capacité opérationnelle des centres d'incendie et de secours.
Selon les syndicats, la présence forte de sapeurs‑pompiers volontaires pendant la journée ne suffit pas à compenser l'absence de renforts professionnels, surtout en cas de départs simultanés pour des opérations extérieures.
Le coût du recrutement, un obstacle concret
Le volet financier est au cœur des revendications. Les organisations rappellent que l'embauche d'un pompier professionnel représente un coût non négligeable : estimé à 50 000 € toutes charges confondues par agent. Exemple chiffré avancé par les syndicats : recruter dix agents impliquerait une dépense de l'ordre de 500 000 €.
« Un pompier professionnel c'est 50 000 € toutes charges confondues, donc si vous voulez en recruter 10 c'est 500 000 € qu'il faut retrouver. » — Stéphane Lessire
Pour les syndicats, l'Yonne, comme d'autres départements, n'a pas les marges budgétaires suffisantes pour financer ces recrutements sans une aide extérieure.
Demande d'une participation de l'État
Actuellement, les centres d'incendie et de secours sont principalement financés par les départements et les communes. Les syndicats appellent à une répartition plus équilibrée, avec une implication budgétaire accrue de l'État. « Les départements sont dans une situation compliquée au niveau des finances », observe John Lesidaner, président de la section CFDT des pompiers de l'Yonne, qui estime nécessaire que l'État « mette la main à la pâte » pour couvrir besoins en véhicules, moyens aériens et personnels.
Les syndicats font valoir que les départements de petite taille, comme l'Yonne, contribuent régulièrement à des colonnes d'intervention ou à des renforts nationaux (par exemple pour des feux de forêt), parfois au prix d'une réduction de leur capacité opérationnelle locale.
- Revendiations principales : financement national, recrutement, santé et sécurité au travail.
- Constat local : perte de 30 postes en 10–15 ans.
- Coût d'un recrutement : 50 000 € par agent, soit 500 000 € pour dix recrutements.
Conséquences pour les habitants et perspectives
Les syndicats préviennent que l'absence de moyens supplémentaires pourrait affecter les délais d'intervention et la disponibilité des services, notamment lors de périodes à risque élevé (canicule, épisodes de feux de végétation). Ils demandent une réorganisation et un financement pérenne de la sécurité civile, afin d'anticiper les conséquences du dérèglement climatique et de maintenir un niveau de sécurité adapté.
Sur le terrain, la journée de grève du 13 août vise à faire entendre ces demandes au niveau national et à obtenir des engagements concrets quant à l'attribution de moyens supplémentaires. Les autorités départementales et l'État n'ont pas été cités dans le communiqué transmis par les syndicats ; leur réponse aux revendications reste à connaître.
| Élément | Chiffre cité par les syndicats |
|---|---|
| Postes perdus (10–15 ans) | 30 |
| Coût moyen d'un pompier professionnel | 50 000 € |
| Coût estimé pour 10 recrutements | 500 000 € |
La mobilisation intervient alors que la question du financement des services publics locaux est plus largement débattue, entre contraintes budgétaires des collectivités territoriales et demandes de renforcement des moyens face à des risques augmentés. Dans l'Yonne, la grève du 13 août met en lumière l'équation difficile entre protection des personnels, capacité opérationnelle et ressources financières.