Samedi 17 octobre, dans les locaux du conseil départemental à Limoges, l'assemblée générale de l'Association des maires et élus de la Haute‑Vienne (ADM 87) a été l'occasion d'une mise en garde collective sur la situation financière des collectivités locales. Les participants, maires et présidents d'intercommunalités, ont exprimé leur forte préoccupation face au désengagement perçu de l'État et aux mesures inscrites dans le projet de loi de finances pour 2027.
Un prélèvement nouveau et plus large
Au centre des débats figurait la contribution progressive des collectivités territoriales à l'effort budgétaire (CPEB), prévue dans le projet de loi. Les élus estiment que ce mécanisme, qui succéderait au Dilico (Dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités), concernerait un nombre beaucoup plus important de collectivités.
« À quelle sauce allons‑nous être mangés ? » a lancé l'un des intervenants, reflétant l'inquiétude générale. Le président de l'ADM 87, Philippe Barry, a chiffré l'impact potentiel pour la Haute‑Vienne : si le projet est adopté tel qu'il est connu, « les 195 communes et 13 intercommunalités de notre département perdraient 22,6 millions d'euros par rapport à cette année ».
« C’est simple, si le projet de loi de finances est adopté tel qu’on le connaît aujourd’hui, les 195 communes et 13 intercommunalités de notre département perdraient 22,6 millions d’euros par rapport à cette année. » — Philippe Barry, président de l'ADM 87
Qui serait concerné en Haute‑Vienne ?
Les élus ont rappelé que, contrairement au Dilico qui n'affectait qu'une poignée de collectivités en 2025, le CPEB devrait toucher un beaucoup plus grand nombre d'acteurs locaux. En Haute‑Vienne, on passerait d'une situation où seulement une communauté de communes et deux communes étaient soumises au dispositif en 2025 à une configuration où 113 communes sur 195 et toutes les intercommunalités seraient concernées si le nouveau prélèvement est mis en œuvre.
| Élément | Situation |
|---|---|
| Communes potentiellement concernées | 113 sur 195 |
| Intercommunalités concernées | Toutes |
| Perte estimée pour le département | 22,6 M€ |
Une colère partagée et des perspectives d'action
Outre Philippe Barry, plusieurs responsables locaux se sont joints au constat d'alerte. Jean‑Claude Leblois, président du conseil départemental, et le député Stéphane Delautrette ont pointé du doigt la responsabilité du gouvernement, estimant que l'État prive les collectivités de ressources au moment même où d'autres marges d'économie existent.
Les élus ont également exprimé leur hostilité à certaines propositions évoquées par des responsables politiques, notamment la suppression d'intercommunalités, qu'ils considèrent contre‑productive pour la gestion locale et la solidarité entre communes.
- Mobilisation commune des maires et des intercommunalités pour défendre les ressources locales.
- Rencontre prévue avec les services de l'État le 11 décembre pour porter ces préoccupations.
- Soutien unanime voté à un acteur local : subvention de 20 000 € au SDIS 87.
Urgence budgétaire et services locaux
Les participants ont insisté sur le risque pour les services publics locaux : avec des ressources en recul, certains investissements, entretien des infrastructures ou politiques sociales pourraient être remis en question. Le vote à l'unanimité d'une subvention de 20 000 € au SDIS 87, en proie à des difficultés financières et opérationnelles, illustre la tension entre besoins croissants et marges de manœuvre réduites.
Conscients de l'enjeu, les élus ont prévu de porter leurs inquiétudes auprès des services de l'État lors d'une rencontre programmée le 11 décembre (lieu à déterminer). L'ADM 87 espère obtenir des précisions sur les modalités d'application du CPEB et défendre des aménagements afin de limiter l'impact sur les communes les plus fragiles.
Un débat qui engage l'avenir local
La session de samedi à Limoges a montré que le débat budgétaire national a des répercussions concrètes et immédiates sur la vie des territoires. Les élus haut‑viennois entendent peser sur la discussion avant l'examen du projet de loi afin d'éviter, selon eux, une réduction significative des moyens dont disposent les communes et intercommunalités pour assurer leurs missions.