Le sénateur de la Seine‑Maritime Pascal Martin, ancien sapeur‑pompier, a été désigné par le Premier ministre pour intégrer une mission flash portant sur la lutte contre les feux de forêt et les mesures d’anticipation et de prévention, a indiqué un décret publié récemment.
Une mission aux contours définis par décret
Le mandat de cette mission, précisé dans le décret, vise « la proposition de nouvelles dispositions au projet de loi de modernisation de la sécurité civile relatives à l’anticipation, la prévention, la préparation, la lutte et le relèvement face au risque de feux de forêts ». Le choix de Pascal Martin, sénateur Horizons et ancien pompier, traduit la volonté d’associer des acteurs de terrain au travail législatif.
La nomination intervient dans un contexte marqué par des incendies d’envergure ces dernières saisons, qui ont mis en lumière la nécessité d’adapter outils et doctrines pour protéger forêts, territoires et populations.
Un élu local au cœur des préoccupations opérationnelles
Ancien professionnel des secours, le parlementaire seinomarin connaît les impératifs opérationnels et la difficulté de coordonner prévention, intervention et reconstruction. Sa présence dans la mission doit permettre de lier retours d’expérience des services d’incendie et de secours et propositions juridiques ou réglementaires.
Pour les élus locaux et les gestionnaires d’espaces naturels en Seine‑Maritime, cette initiative est suivie de près : elle peut influer sur les moyens alloués à la prévention des départs de feu, aux dispositifs de surveillance et aux règles d’aménagement des espaces boisés.
Quels thèmes la mission devra-t-elle éclairer ?
Le décret fixe un cadre général mais laisse plusieurs questions ouvertes sur les solutions concrètes à retenir. Parmi les axes évoqués par le texte, on distingue :
- l’anticipation : dispositifs de surveillance, cartographies des risques, information des populations ;
- la prévention : gestion de la végétation, règles d’urbanisme en lisière de forêt ;
- la préparation et la lutte : moyens humains et matériels, coordination entre acteurs ;
- le relèvement : replantations, soutien aux territoires sinistrés et plan de résilience des écosystèmes.
| Objectif | Finalité |
|---|---|
| Anticipation | Réduire la probabilité et l'impact des départs de feu |
| Prévention | Limiter l'exposition des personnes et des biens |
| Lutte | Améliorer l'efficacité opérationnelle des secours |
| Relèvement | Restaurer les milieux et les activités après sinistre |
Des attentes fortes, notamment en zones littorales et périurbaines
En Seine‑Maritime, où forêts domaniales et bocage côtoient zones urbaines et activités portuaires, la question n’est pas seulement technique : elle est aussi sociale et économique. Les élus locaux veulent des réponses claires sur la prévention en lisière d’habitat, la protection des infrastructures et la gouvernance des opérations entre services de l’État, collectivités et acteurs privés.
Pour certains acteurs, la mission arrive après les désastres observés cet été et l’urgence des bilans ; d’autres estiment au contraire qu’il faut tirer rapidement des enseignements pour préparer les saisons à venir.
« ayant pour objet la proposition de nouvelles dispositions au projet de loi de modernisation de la sécurité civile relatives à l’anticipation, la prévention, la préparation, la lutte et le relèvement face au risque de feux de forêts »
Vers quelles mesures concrètes ?
Le décret ne détaille pas le calendrier ni la composition complète de la mission au‑delà de la présence de Pascal Martin. Les pistes possibles, discutées par les spécialistes et les collectivités, vont de l’augmentation des moyens des sapeurs‑pompiers professionnels et volontaires à des dispositifs renforcés de coupe‑feu, en passant par des dispositifs d’alerte mieux ciblés et des politiques de reboisement adaptées aux nouvelles conditions climatiques.
Dans les semaines à venir, la mission devra rendre des propositions qui pourront être intégrées au projet de loi de modernisation de la sécurité civile. Pour les communes et communautés de communes du département, l’enjeu est d’obtenir des textes applicables rapidement et articulés avec les plans locaux de gestion des risques.
Sur le terrain, la prévention reste pour l’heure l’affaire de tous : services de l’État, collectivités, associations de protection de la nature, et citoyens. La nomination de Pascal Martin à cette mission ouvre une fenêtre pour que les retours d’expérience locaux soient portés jusqu’au niveau national.
Guillaume Lecoq, correspondant en Normandie