Les policiers municipaux de Lannion portent depuis quelques jours une arme de défense non létale, a confirmé la municipalité. Cinq agents sont concernés par cette dotation, décidée il y a plus d’un an lors du précédent mandat municipal et mise en œuvre après obtention des signatures des autorités compétentes et la réalisation des sessions de formation.
Un choix technique pour « mettre à distance »
Il s’agit d’un modèle JPX, arme projetant un gaz lacrymogène dissuasif. Selon les éléments communiqués, ce système neutralise les muqueuses de l’assaillant à une portée effective de 7 mètres et peut être efficace jusqu’à 15 mètres. La projection se fait à une vitesse évaluée à 700 mètres par seconde et l’effet dissuasif/de neutralisation est estimé à environ 45 minutes.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Portée effective (neutralisation des muqueuses) | 7 m |
| Portée maximale signalée | 15 m |
| Vitesse de projection | 700 m/s |
| Durée d’action estimée | 45 minutes |
Formation et encadrement
Tous les agents qui ont reçu l’arme ont suivi des séances d’apprentissage au tir. Un formateur est intervenu localement pour assurer la montée en compétence des policiers municipaux. Les autorités municipales précisent que chaque agent est responsable de son arme et que le choix de l’équipement a été discuté entre eux.
« Nous sommes des primo intervenants dans la ville et nous n’étions pas armés. Avec ce type de système de défense nous sommes rassurés »
La municipalité, qui rappelle que la décision avait été prise il y a plus d’un an durant le mandat de Paul Le Bihan, explique que le délai entre la décision et la dotation est lié aux formalités administratives et au temps nécessaire pour former le personnel.
Pas d’armement létal, assure la ville
La mairie insiste pour éviter toute lecture sécuritaire excessive de cette mesure. Contrairement à certaines communes du département où les policiers municipaux portent des armes létales — comme Perros-Guirec ou Trégastel —, Lannion a opté pour un intermédiaire non létal.
« On ne veut pas passer à l’arme létale », affirme la municipalité en soulignant que l’outil retenu lui paraît « un intermédiaire raisonnable » pour protéger les agents confrontés à des situations parfois délicates, notamment en présence de groupes ou de personnes présentant des comportements agressifs.
Questions locales et implications
La dotation pose plusieurs questions pour la population et les élus locaux : cadres d’emploi de la force, proportionnalité des réponses, procédures de contrôle et suivi des interventions. Les policiers municipaux sont fréquemment « primo intervenants » sur certains incidents ; la municipalité avance que cet équipement vise principalement à améliorer leur sécurité personnelle sans modifier les missions de maintien de l’ordre.
- Nombre d’agents équipés : 5.
- Type d’arme : JPX (projecteur de gaz lacrymogène).
- Motif invoqué : protection des agents face à des publics parfois difficiles.
La mise en place de telles dotations est encadrée administrativement et suppose une formation appropriée. À Lannion, la municipalité met en avant la formation reçue par les agents et le caractère non létal de l’équipement pour justifier son choix.
Reste à observer, à moyen terme, comment cet équipement sera utilisé sur le terrain et quels bilans en tireront les élus et la population. La question du dialogue avec les habitants et des modalités de contrôle des usages pourrait, à terme, être soulevée lors des prochaines réunions publiques ou commissions de sécurité.