Un barrage costarmoricain envisagé pour renforcer l'approvisionnement
Face à la sécheresse qui affecte le département cet été 2026, les autorités des Côtes‑d'Armor ont placé le barrage de Rophémel au cœur de leurs réflexions. Située à Guenroc, sur la Rance, cette retenue stocke aujourd'hui une eau qui alimente directement le bassin de Rennes. Le Syndicat départemental d'alimentation en eau potable (Sdaep) costarmoricain a engagé une étude pour évaluer si Rophémel peut contribuer à sécuriser les besoins en eau potable du département ou servir de levier dans une gestion de crise plus large.
La question intervient alors que le territoire enregistre un déficit hydrique exceptionnel : les cours d'eau sont à des débits très bas et la ressource disponible est réduite. Dans ce contexte, les responsables chargés de la production et de la distribution s'interrogent sur des mesures à court et moyen terme, allant de la gestion de la demande à l'optimisation des transferts entre bassins.
Une retenue hors bassin mais stratégique
Le cas de Rophémel illustre les complexités des systèmes d'alimentation en eau : bien que géographiquement implanté dans les Côtes‑d'Armor, le barrage n'alimente pas principalement le département. La possibilité d'en mobiliser une partie pour répondre à un risque de rupture d'approvisionnement local pose des questions techniques, juridiques et politiques que l'étude en cours devra trancher.
- Aspects techniques : volumes mobilisables, impacts sur l'écoulement naturel de la Rance, conséquences pour les usages actuels.
- Aspects sanitaires : qualité de l'eau et traitements nécessaires avant distribution aux réseaux costarmoricains.
- Aspects institutionnels : modalités de gouvernance et d'accords entre acteurs locaux et intercommunaux, ainsi que les gestionnaires du bassin rennais.
Les autorités départementales ont indiqué vouloir s'appuyer sur des données et des diagnostics avant toute décision. L'option d'utiliser Rophémel ne figure pour l'instant que comme une piste à approfondir, non comme une décision arrêtée.
Un système d'approvisionnement déjà fragile
Le département des Côtes‑d'Armor dépend pour une part significative de prélèvements en rivière : environ 25 % de l'eau distribuée est captée directement dans les cours d'eau. Cette proportion, révélatrice des modes d'alimentation locaux, rend le territoire vulnérable aux années sèches où les débits diminuent fortement.
La recherche de solutions passe donc par des mesures multiples : économies d'eau, renforcement des ressources de substitution, mais aussi amélioration des infrastructures de stockage et de transfert. Dans ce registre, l'hypothèse d'un recours à Rophémel s'inscrit dans une logique de mutualisation des ressources et de solidarité interbassins, soulevant néanmoins des enjeux d'équité entre territoires.
Calendrier et enjeux décisionnels
L'étude lancée par le Sdaep devra préciser plusieurs éléments clés avant que des arbitrages ne soient rendus publics : quantification des volumes mobilisables sans compromettre les usages actuels, coût des aménagements nécessaires pour transférer l'eau, conditions juridiques et contractuelles et évaluation des impacts environnementaux.
| Élément | Situation connue |
|---|---|
| Barrage | Rophémel (Guenroc, sur la Rance) |
| Destination actuelle | Alimente le bassin de Rennes |
| Initiative | Étude en cours par le Sdaep des Côtes‑d'Armor |
| Part de prélèvements en rivière dans le département | ~25 % |
Les conclusions de cette étude seront déterminantes pour la suite : elles permettront d'évaluer si l'option Rophémel est réalisable rapidement en cas de nouvel épisode de sécheresse, ou si elle ne constitue qu'une solution de long terme nécessitant des investissements et des accords complexes.
Vers une stratégie départementale de résilience
Au‑delà de la question particulière du barrage, la situation met en lumière la nécessité d'une stratégie globale pour la gestion de l'eau dans les Côtes‑d'Armor. Le département doit concilier les besoins domestiques, agricoles et industriels, la préservation des milieux aquatiques et les contraintes budgétaires des collectivités. Les décisions à venir, qu'elles concernent la mobilisation de ressources existantes, la création de nouvelles capacités de stockage ou la mise en place de politiques d'économie d'eau, auront des implications durables pour la population.
Pour l'instant, l'option Rophémel reste au stade d'étude. Les élus locaux et les techniciens soulignent la nécessité d'une approche prudente et factuelle, fondée sur des données hydrologiques et des évaluations d'impact, avant tout aménagement ou transfert effectif de ressources.