La FIFA a licencié ce mardi Kevin Lamour, cadre français et jusqu’alors directeur général des opérations, selon une source proche du dossier à la Direction des sports de Radio France, qui confirme une information publiée par The Athletic. Cette éviction intervient dans un contexte de vives tensions internes autour d’un projet d’ouverture financière de l’instance.
Un désaccord stratégique avec la direction
Kevin Lamour se serait opposé à son supérieur, Gianni Infantino, sur un plan majeur : l’idée d’ouvrir la FIFA à des investisseurs privés et de créer une filiale commerciale destinée à monétiser davantage la Coupe du monde. D’après les éléments révélés, le projet prévoyait de confier jusqu’à 20 % de l’événement à des capitaux privés, dont une part évoquée pour la famille de Donald Trump, une perspective qui aurait provoqué l’ire de Lamour.
Son départ marque une rupture entre la direction de l’instance et certains de ses hauts responsables, qui craignaient que la commercialisation envisagée n’affaiblisse l’attrait de la compétition reine du football mondial.
Des voix dissidentes au sommet
Kevin Lamour pourrait ne pas être le seul à subir des conséquences : selon les mêmes sources, Mattias Grafström, numéro deux de la FIFA, a adressé un courrier aux salariés demandant l’abandon du projet de création d’une branche commerciale. La lettre de Grafström illustre l’ampleur du désaccord au sein de la maison.
« à l'unanimité »
Parallèlement, l’UEFA a officiellement exprimé son opposition au projet et, toujours selon des informations parues ces derniers jours, a menacé « à l’unanimité » de boycotter les prochaines éditions de la Coupe du monde si la structure proposée voyait le jour. Ces prises de position montrent que le débat dépasse le simple cadre interne de la FIFA : il s’agit d’un affrontement entre modèles de gouvernance du football mondial.
Une échéance électorale sous tension
L’éviction survient à sept mois jour pour jour de l’élection à la présidence de la FIFA, pour laquelle Gianni Infantino est, à ce stade, le seul candidat déclaré à sa succession. Ce calendrier électoral rend l’affaire d’autant plus sensible : elle interroge non seulement la stratégie commerciale de la Fédération, mais aussi la stabilité politique de son exécutif à l’approche d’un scrutin déterminant.
- Kevin Lamour : ex-directeur général des opérations, licencié.
- Gianni Infantino : président de la FIFA, à l’origine du projet d’ouverture.
- Mattias Grafström : numéro deux de la FIFA, a demandé l’abandon du plan.
Conséquences possibles
Cette affaire pose plusieurs questions concrètes : sur la gouvernance future de la FIFA, sur la préservation du modèle actuel des compétitions internationales et sur les alliances entre les grandes fédérations nationales et continentales. Si la direction confirme l’option d’attirer des investisseurs privés, elle s’expose à une réaction en chaîne, allant d’oppositions publiques (comme celle de l’UEFA) à une défiance accrue au sein de son propre personnel dirigeant.
À l’inverse, un abandon définitif du projet permettrait de calmer les dissensions mais laisserait des traces : l’éviction d’un haut cadre français, qui s’est montré réticent aux orientations stratégiques du sommet, témoigne d’un épisode de forte turbulence institutionnelle.
La FIFA n’a pas publié de communiqué officiel au moment où nous écrivons ces lignes. Les développements à venir — réactions des fédérations nationales, positionnement des sponsors et calendrier électoral — détermineront si cet épisode restera un incident isolé ou s’il amorcera une recomposition profonde du pouvoir au sommet du football mondial.
Article rédigé pour la rubrique Sport nationale.