La Bourboule se mobilise pour les victimes des incendies du Sud-Ouest. Le maire élu en mars 2026, David Dupic, a annoncé vouloir prendre en charge le reste à charge des cures thermales pour les sinistrés des feux de Gironde, ainsi que pour les habitants du bassin de vie local qui ont inhalé la fumée durant l'été.
Une aide concentrée sur septembre et octobre
La proposition concerne en priorité les cures programmées pour septembre et octobre. À La Bourboule, station thermale du Puy-de-Dôme, le coût restant pour une cure de trois semaines peut dépasser les 100 euros : c'est ce complément que la commune entend régler pour faciliter l'accès aux soins thermaux aux personnes concernées.
Il s'agit d'une initiative ciblée, visant à accompagner des publics affectés par des épisodes de pollution atmosphérique exceptionnels et par les conséquences sanitaires et sociales des incendies de forêt. Le maire souhaite également que les habitants locaux, ayant respiré la fumée cet été, puissent bénéficier de tarifs adaptés pour des soins respiratoires ou de rééducation liés à cette exposition.
Relancer l'économie thermale et défendre une médecine souvent oubliée
Au-delà de l'urgence sociale, l'annonce s'inscrit dans une logique économique : soutenir l'activité des thermes et relancer une filière qui a souffert de débats récents sur son financement. Le gouvernement avait finalement renoncé fin 2025 à dérembourser les cures, confronté aux risques pour l'emploi et l'économie des villes thermales.
Le directeur des thermes de La Bourboule, Joffrey Chalaphy, plaide pour la reconnaissance de la médecine thermale. Il rappelle son potentiel face aux maladies chroniques et à la dégradation de l'environnement. Il affirme :
« Au regard de la détérioration de l'environnement, des maladies chroniques, de la pollution, du pollen, des allergies, l'OMS dit qu'en 2050, la moitié de la population mondiale sera atteinte de maladies chroniques. Avec nos cures, on arrive parfois à guérir les enfants. Les adultes prennent moins de médicaments, ne vont plus aux urgences et beaucoup moins chez leur médecin traitant. »
Ces propos soulignent la double ambition de l'action municipale : répondre à un besoin sanitaire immédiat et promouvoir une activité de santé préventive susceptible, selon ses partisans, de diminuer les dépenses médicales à plus long terme.
Quels bénéficiaires et quelles limites ?
L'annonce ne précise pas encore tous les critères d'éligibilité. Le maire a évoqué les sinistrés des grands feux en Gironde et les résidents du bassin de La Bourboule exposés à la fumée. Reste à définir la procédure d'inscription, les justificatifs requis et l'articulation avec les prises en charge existantes (assurance maladie, mutuelles, dispositifs d'urgence).
- Public visé : sinistrés des incendies en Gironde et habitants exposés à la fumée dans le bassin de La Bourboule.
- Période : cures prévues en septembre et octobre.
- Prise en charge : reste à charge de la cure de trois semaines (souvent supérieur à 100 €).
La municipalité devra préciser le montant exact pris en charge par personne et la durée de l'aide, ainsi que le calendrier des demandes. Les thermes, quant à eux, devront adapter leurs capacités d'accueil pour absorber d'éventuels flux supplémentaires sans dégrader la qualité des soins.
Un geste local face à des enjeux nationaux
Cette initiative locale s'inscrit dans un contexte national où la place des cures thermales fait l'objet de débats : leur efficacité scientifique est parfois questionnée par des responsables nationaux, tandis que les acteurs locaux mettent en avant leurs bénéfices en termes de santé publique et d'économie territoriale.
Pour La Bourboule, petite cité thermale du Puy-de-Dôme, l'enjeu est double : offrir un secours concret à des personnes affectées par des catastrophes naturelles lointaines et valoriser une activité qui participe à l'emploi et à l'attractivité de la commune.
La mise en œuvre précise — critères d'accès, montant global mobilisé, nombre de personnes attendues — doit être précisée par la mairie dans les prochains jours. Les habitants et les sinistrés concernés sont invités à se rapprocher des services municipaux et des thermes pour connaître les modalités pratiques.