Deux semaines après la rentrée scolaire 2026‑2027, 174 élèves du département d'Indre‑et‑Loire ne bénéficient toujours pas de l'accompagnement prévu par une notification de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), selon les services de l'Éducation nationale. Ce constat met en lumière les difficultés persistantes pour assurer sur le terrain l'accueil durable des élèves en situation de handicap.
Un dispositif en expansion mais des lenteurs qui perdurent
Les autorités académiques et départementales soulignent que le nombre d'accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) a augmenté ces dernières années : 1 017 AESH sont recensés pour cette rentrée, soit une hausse de 56 % en cinq ans. Pourtant, cette progression ne suffit pas à couvrir toutes les notifications : 174 élèves restent sans accompagnement et se retrouvent parfois en risque de rupture de scolarité.
Pour plusieurs familles interrogées par des associations locales, l'obtention d'un AESH relève d'une véritable « bataille administrative ». Des parents rapportent des parcours longs, parfois étalés sur plusieurs années, avant que la MDPH ne valide une notification. Une fois celle‑ci accordée, il arrive que l'affectation matérielle d'un AESH tarde à se concrétiser.
« manque d'écoute », dénoncent certains parents.
Conséquences pour les élèves et les établissements
Sans accompagnant, l'intégration en classe est rendue délicate, voire impossible pour certains enfants ayant des besoins complexes. Les enseignants doivent adapter les modalités pédagogiques en urgence, tandis que les familles s'exposent à des choix difficiles : maintien à l'école sans accompagnement, scolarisation partielle, ou recherche d'alternatives extérieures.
Les collèges, notamment, figurent dans la liste des établissements où l'absence d'AESH est la plus visible : la DSDEN (direction des services départementaux de l'Éducation nationale) précise que les 174 élèves sans accompagnement se trouvent « au collège », sans détailler la répartition par établissement.
Recrutements en cours mais calendrier incertain
Face à la situation, la DSDEN indique que des recrutements d'AESH sont engagés. Ces efforts cherchent à réduire l'écart entre les besoins constatés et les moyens humains disponibles. Toutefois, le calendrier de ces embauches et leur capacité à répondre rapidement aux notifications validées par la MDPH restent des points d'inquiétude pour les familles et les acteurs scolaires.
- 1 017 : nombre d'AESH recensés pour la rentrée 2026‑2027 en Indre‑et‑Loire.
- 56 % : augmentation du nombre d'AESH en cinq ans.
- 174 : élèves au collège sans accompagnement malgré notification MDPH.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| AESH recensés (rentrée 2026) | 1 017 |
| Progression sur 5 ans | +56 % |
| Élèves sans AESH malgré notification | 174 |
Un problème structurel : formation, contrats, attractivité
Les acteurs de l'éducation spécialisée et les associations pointent plusieurs causes structurelles : l'insuffisance de candidatures qualifiées, la précarité de certains contrats et la nécessité d'une meilleure formation initiale et continue des accompagnants. À cela s'ajoutent les contraintes locales d'affectation, qui peuvent retarder la mise en place effective d'un accompagnement même lorsque la décision administrative est prise.
En pratique, pour les familles, la situation engendre une charge administrative et psychologique importante. La MDPH statue sur les droits et émet des notifications ; la DSDEN organise les affectations. Le passage entre ces deux étapes peut être long et opaque, d'où l'insatisfaction exprimée par des parents et des associations locales.
Que peuvent faire les familles ?
Les autorités invitent les familles confrontées à l'absence d'accompagnement à se rapprocher des services de la DSDEN et de la MDPH pour faire un point sur leur dossier. Des recours existent en cas de blocage administratif, et des structures locales d'accompagnement peuvent aider à constituer ou compléter les demandes. Les associations de parents restent également des interlocuteurs utiles pour partager expériences et démarches pratiques.
En attendant, la montée en charge des recrutements d'AESH devra être suivie de près pour vérifier qu'elle se traduit rapidement par une présence effective en classe. Pour de nombreux élèves, l'enjeu est aussi simple que fondamental : être scolarisé dans des conditions qui garantissent le droit à l'éducation.