Les premiers habitants de Luglon ont commencé à regagner leurs domiciles lundi, après avoir été évacués jeudi en raison d'un incendie qui a parcouru 1 700 hectares dans le massif des Landes de Gascogne. La préfecture a annoncé que le feu était désormais « fixé », sans toutefois le considérer comme totalement éteint.
Retour encadré et vigilance maintenue
Selon la secrétaire générale de la préfecture, Stéphanie Monteuil, la nuit précédente avait vu une évolution « plutôt très favorable » : « le feu n'a pas progressé. (...) Néanmoins je le répète, feu fixé ne veut pas dire feu éteint. Donc il faut rester évidemment très vigilant. »
« Le côté positif de ce feu fixé, c'est que cela va permettre le retour à domicile d'à peu près 250 habitants. » — Stéphanie Monteuil
Le village de Luglon compte environ 350 habitants. Selon les autorités, le retour concernerait près de 250 personnes, les autres restant pour l'heure logées en centres d'accueil ou chez des proches. Les secouristes et les services de l'État maintiennent une présence sur place pour contrôler les points chauds et assurer la sécurité des retours.
Une réouverture progressive de la vie locale
En fin de matinée, plusieurs véhicules ont été observés entrant dans le bourg. L'équipe de l'AFP a noté que, dans le centre transformé depuis plusieurs jours en base arrière pour les soldats du feu, camions et engins étaient moins nombreux à la mi-journée. Quelques habitants se retrouvaient déjà, timidement, à la terrasse d'un café associatif.
Des bénévoles, postés à l'entrée du village sous un arbre, avaient disposé une table où étaient proposés masques FFP2 et bouteilles d'eau pour accueillir les retours. Ce dispositif d'accueil traduit la volonté des élus et des associations locales d'accompagner un retour qui reste émotionnellement difficile.
« Émotionnellement, c'est un moment compliqué. On est prêts à se soutenir et à se serrer les coudes les uns les autres. » — Virginie Moisset, adjointe au maire de Luglon
Situation matérielle et bilan local
À ce stade, les autorités précisent qu'aucune maison n'a été détruite dans le périmètre immédiat de Luglon. Le centre du village, où ont opéré pendant plusieurs jours les pompiers, conserve des traces de l'activité des secours mais la vie tente de reprendre son cours.
Parmi les retours, Philippe Dassy, 67 ans et chauffeur de bus, s'est déclaré soulagé : « C'est bon, on peut rentrer à la maison ! », après avoir été accueilli avec sa femme et leurs deux enfants dans le village vacances de Sabres, commune voisine.
Contexte régional : des feux répétés cet été
Le massif landais, desséché par plusieurs épisodes caniculaires successifs, a déjà connu des incendies importants ces dernières semaines. Fin juillet, un feu à Biscarrosse a ravagé 3 700 hectares, et un autre à Saumos (Gironde) a parcouru 42 000 hectares. Ces épisodes illustrent la dangerosité accrue des massifs forestiers dans la région cet été.
| Localité | Surface brûlée (ha) | Situation |
|---|---|---|
| Luglon | 1 700 | Feu déclaré fixé, retours encadrés |
| Biscarrosse | 3 700 | Incendie fin juillet |
| Saumos (Gironde) | 42 000 | Incendie fin juillet |
Mesures pratiques et consignes
- Les autorités appellent à la prudence : le statut « fixé » n'exonère pas du risque de reprises et impose de rester attentif aux consignes des pompiers.
- Les retours sont organisés de manière progressive et prioritaires pour les personnes ayant un logement sûr et accessible.
- Les habitants retrouvant leur domicile sont invités à éviter de circuler dans les zones où les engins et les équipes de secours sont encore à l'œuvre.
Dimanche, environ cinquante personnes avaient déjà pu regagner leur foyer à Garein, au sud. Les autorités départementales poursuivent l'évaluation des dégâts et restent mobilisées pour prévenir toute reprise du feu, en coordination avec les services de secours locaux.
Sur le plan humain, le défi à court terme est d'accompagner les retours tout en maintenant la vigilance sur le terrain : surveillance des foyers résiduels, vérification des infrastructures et soutien aux familles perturbées par l'évacuation. La préfecture a annoncé que la situation restait « favorable » sur l'ensemble des secteurs concernés, sans toutefois annoncer de date de levée définitive des mesures d'alerte.