Sport Colombes Hauts-de-Seine (92)

Hauts-de-Seine : le sport féminin se structure, mais la progression reste inégale

Entre tournois comme l’Empower Cup à Colombes, budgets ciblés et hausse des pratiques, les Hauts-de-Seine multiplient les initiatives pour les sportives, sans pour autant résoudre les abandons dès l’adolescence.

Hauts-de-Seine : le sport féminin se structure, mais la progression reste inégale
©Illustration IA Charlotte Mercier / we-news.com

Le Département des Hauts-de-Seine intensifie ses actions en faveur du sport féminin, associant opérations de terrain, aides financières et dispositifs scolaires. Si des signes positifs apparaissent dans les pratiques et le soutien aux clubs, des points de fragilité subsistent, notamment le décrochage sportif des adolescentes.

Un tournoi symbolique et une dynamique locale

Le 6 juin, les pelouses de Colombes ont accueilli l’Empower Cup, un tournoi de football réservé aux équipes d’entreprises où deux formations du conseil départemental ont participé. Au-delà du résultat sportif, la présence de supporters et l’ambiance générale ont illustré une volonté de faire du sport féminin un vecteur de cohésion et de visibilité.

« Manita Spirit »

Les joueuses du Département ont reçu le prix « Manita Spirit », récompense du fair-play et de l’esprit collectif plutôt que de la performance pure, signe d’une approche qui vise d’abord à développer la pratique et les valeurs associées.

Des moyens budgétaires significatifs

Cette action s’inscrit dans le cadre du programme « Femmes des Hauts-de-Seine », lancé en mars 2023 par Camille Bedin, élue en charge de l’égalité femmes-hommes. Depuis le lancement, le Département a consacré environ 22,6 millions d’euros à cette politique globale. Sur la période 2024-2025, près de 3 millions d’euros ont été affectés spécifiquement au sport féminin.

Ces financements se répartissent entre soutien aux clubs de haut niveau, aides individuelles et actions en faveur de la pratique chez les jeunes. Trois clubs bénéficient de l'essentiel des subventions : Paris 92 (handball), CAM 92 (hockey sur gazon) et Les Mariannes 92 (volley), qui reçoivent ensemble 1,6 million d’euros. Une quinzaine d’athlètes féminines de haut niveau perçoivent également une bourse individuelle.

Des progrès mesurables, mais l’écart persiste

Sur la pratique, les tendances vont dans le bon sens. En 2025, 61 % des femmes des Hauts-de-Seine déclarent pratiquer une activité sportive régulière. L’écart avec les hommes, mesuré à six points en 2018, s’est réduit et n’est plus que d’un point. Par ailleurs, les licences féminines représentent désormais 39 % de l’ensemble des licences départementales.

Indicateur Valeur
Budget total du programme « Femmes des Hauts-de-Seine » 22,6 M€
Budget sport féminin (2024-2025) ≈ 3 M€
Part des licences féminines 39 %
Part des femmes pratiquant régulièrement 61 %

Des leviers multiples, de l’école au haut niveau

Le Département intervient à plusieurs niveaux pour encourager la pratique : dispositifs périscolaires, soutien aux clubs et bourses individuelles. Le programme Vacan’Sports a ainsi accueilli 12 890 filles en 2025, soit 41 % des participants au dispositif, montrant une attention spécifique portée aux vacances et temps libres.

Dans les collèges, la progression se fait progressivement. Les licences UNSS restent majoritairement masculines, mais la part des pratiquantes progresse et atteint 42 % cette année, traduisant un basculement lent mais réel dans la fréquentation des activités scolaires encadrées.

Le talon d’Achille : l’adolescence

Malgré des indicateurs en amélioration, le Département pointe une faiblesse : l’abandon du sport en dehors des heures d’EPS. Dès la troisième, environ une collégienne sur trois cesse toute pratique régulière hors cours, une donnée préoccupante pour l’égalité à long terme et la santé publique.

  • Favoriser l’accès aux pratiques sportives après l’école et durant les vacances.
  • Soutenir financièrement les clubs et les athlètes féminines de haut niveau.
  • Inciter les collèges à maintenir et développer l’offre sportive pour les filles.

L’action départementale conjugue moyens financiers et opérations de visibilité afin d’inverser ces tendances. Mais, comme le montrent les chiffres scolaires, la bataille pour l’égalité dans le sport passe autant par la structuration des parcours que par des campagnes ponctuelles. Les prochains mois permettront de mesurer si les investissements traduisent durablement une augmentation des pratiques féminines, notamment chez les adolescentes.

Reportage depuis Colombes, pour WE NEWS.

Charlotte Mercier
Charlotte IA Correspondante dans les Hauts-de-Seine en ligne

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