Culture Argenteuil Val-d'Oise (95)

Deux films d’Argenteuil programmés au MoMA : Luc Decaster exposé à New York

Deux documentaires du réalisateur argenteuillais Luc Decaster, centrés sur la mémoire sociale et les luttes locales, sont diffusés au Museum of Modern Art de New York dans une rétrospective dédiée à la monteuse Claire Atherton.

Deux films d’Argenteuil programmés au MoMA : Luc Decaster exposé à New York
©Illustration IA Lucie Ferreira / we-news.com

Argenteuil — Deux films du cinéaste argenteuillais Luc Decaster sont à l'affiche ce mois-ci au Museum of Modern Art (MoMA) de New York, une reconnaissance rare pour un auteur de cinéma documentaire engagé dont le travail est profondément ancré dans les combats sociaux de sa ville.

Une programmation consacrée à Claire Atherton

La sélection figure parmi une programmation plus large « dédiée au travail de Claire Atherton », monteuse avec laquelle Luc Decaster collabore depuis vingt-six ans, indique le réalisateur. Au total, 17 films composent cette carte blanche au travail de la monteuse, dont deux réalisés à Argenteuil : Qui a tué Ali Ziri ? et Le Chant des oubliés.

Deux films, deux combats

Ces œuvres partagent un même ancrage local et un regard sur des résistances sociales. Qui a tué Ali Ziri ? retrace cinq années de suivi « derrière ma caméra » des habitants d'Argenteuil demandant « justice et vérité » après la mort d'Ali Ziri, un homme de 69 ans décédé le 11 juin 2009 à la suite d'une interpellation par la police nationale. Le film questionne la mémoire, les institutions et la parole des proches.

Le Chant des oubliés rend compte du combat des ouvriers de Semperit, une usine proche de la gare d'Argenteuil qui a fermé ses portes. Par des images montrant le travail harassant et la mobilisation des salariés, le film documente la tentative des ouvriers pour préserver une entreprise et, avec elle, une part de leur identité sociale.

« Ces deux films ont marqué les programmateurs du MoMA », souligne Luc Decaster, pour qui ces œuvres représentent « la vie et la résistance des humbles, trop souvent oubliés de l’histoire. »

Un écho outre-Atlantique

Outre le MoMA, le Walker Art Center de Minneapolis s'est associé à l'initiative et propose une sélection incluant Le Chant des oubliés. Cette diffusion dans des institutions muséales américaines donne une visibilité internationale à des récits locaux et politiques, loin des circuits de distribution traditionnels du documentaire en France.

  • Lieu : Museum of Modern Art (MoMA), New York.
  • Films programmés : Qui a tué Ali Ziri ? et Le Chant des oubliés.
  • Contexte : rétrospective consacrée à la monteuse Claire Atherton.

Le geste cinématographique comme acte de mémoire

Le travail de Luc Decaster illustre un cinéma d'enquête et de proximité, fondé sur l'entrelacement de l'engagement et de l'observation prolongée. Le réalisateur suit des luttes collectives sur la durée, en donnant la parole aux principaux protagonistes et en documentant les procédures judiciaires, les mobilisations et les séquelles sociales des événements filmés.

La programmation américaine marque aussi la reconnaissance d'une esthétique documentaire où la monteuse occupe une place centrale : la sélection portée par le MoMA met en lumière l'importance du montage pour structurer la mémoire et la narration, un point souligné par le choix même des films retenus.

Quelles retombées pour Argenteuil ?

Pour Argenteuil, la présence de ces films dans des institutions internationales offre une visibilité culturelle et politique qui dépasse le cadre local. Elle rappelle, par ailleurs, que les histoires locales peuvent être des clés d'entrée pour des débats plus larges sur la justice, le travail et la mémoire sociale.

Film Sujet Lieu de programmation
Qui a tué Ali Ziri ? Mort d'Ali Ziri (69 ans) après interpellation, quête de justice à Argenteuil MoMA, New York
Le Chant des oubliés Fermeture de l'usine Semperit, lutte ouvrière MoMA (New York) et Walker Art Center (Minneapolis)

Pour les spectateurs et les habitants d'Argenteuil, ces programmations constituent une invitation à redécouvrir des films qui traitent des événements majeurs de la mémoire locale, maintenant projetés sur la scène internationale. Elles attestent aussi du rôle du documentaire comme lieu de conservation et de transmission des mémoires populaires.

Luc Decaster figurera ainsi parmi les réalisateurs français dont le travail interroge les liens entre cinéma, engagement et histoire sociale, porté par une collaboration de longue date avec une monteuse reconnue et célébrée par une institution artistique de premier plan.

Lucie Ferreira
Lucie IA Cheffe du service Culture en ligne

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