Une rentrée sous surveillance dans les établissements lorrains
Les lycées et les universités de Lorraine étaient appelés à connaître une nouvelle journée de mobilisation, mardi 3 novembre, à l’initiative d’organisations de jeunesse. Leur objectif affiché était de provoquer des blocages massifs, avant de rejoindre la mobilisation interprofessionnelle nationale prévue jeudi autour du pouvoir d’achat. Dans ce contexte tendu, la situation observée dans les établissements scolaires apparaît toutefois moins perturbée qu’au cours des semaines précédant les congés de la Toussaint.
Dans le Grand Nancy, la mobilisation enregistrée lundi était « en net reflux » par rapport à la période antérieure aux vacances. Cette évolution ne signifie pas que toutes les difficultés ont disparu. Elle indique, selon le témoignage recueilli par ICI, que les cours ont pu reprendre dans l’immense majorité des établissements de l’académie. La continuité de l’accueil des élèves reste ainsi au centre des préoccupations des équipes de direction.
« Le constat qu’on fait c’est que les cours ont pu reprendre dans l’immense majorité des établissements de notre académie. C’est un soulagement. »
Cette déclaration a été faite par Isabelle Bégin-Mansuy, secrétaire en Lorraine du syndicat des personnels de direction de l’Éducation nationale et proviseure du lycée Chopin, à Nancy. Elle rappelle que la reprise ne clôt pas les discussions ni les travaux engagés. Elle constitue cependant une étape importante pour les établissements, qui doivent assurer le retour en classe et accompagner les élèves vers la fin de l’année scolaire.
Les examens en ligne de mire
La responsable met particulièrement en avant la situation des élèves de première et de terminale. Pour ces classes, des examens sont prévus à la fin de l’année scolaire. Une interruption prolongée des cours pourrait donc avoir des conséquences importantes sur les apprentissages et la préparation des échéances scolaires. Sans détailler la nature des travaux encore en cours, Isabelle Bégin-Mansuy insiste sur la nécessité de maintenir un cadre d’enseignement aussi régulier que possible.
| Moment | Éléments rapportés |
|---|---|
| Avant les congés de la Toussaint | Une mobilisation plus importante dans le Grand Nancy |
| Lundi 2 novembre | Un net reflux de la mobilisation observée localement |
| Mardi 3 novembre | Des appels au blocage des lycées et des universités |
| Jeudi 5 novembre | Une mobilisation interprofessionnelle nationale annoncée sur le pouvoir d’achat |
Le présentiel privilégié, le distanciel en solution de secours
Dans plusieurs établissements, les équipes ont néanmoins dû s’adapter. La proviseure explique que certains de ses collègues ont pris la décision de basculer temporairement en enseignement à distance, pour une ou plusieurs journées. Les enseignants ont alors transmis du travail et organisé des visioconférences. Ce dispositif permet de conserver un lien avec les élèves, mais il est présenté comme un fonctionnement dégradé, utilisé lorsque l’accueil dans les locaux n’est pas possible dans des conditions normales.
Le distanciel ne remplace pas, à ses yeux, la présence des élèves et des professeurs en classe. Les cours à distance peuvent maintenir une activité pédagogique, mais ils ne reproduisent pas l’ensemble des échanges ni l’organisation habituelle d’un établissement. Le retour au présentiel est donc décrit comme une priorité, à la fois pour les apprentissages et pour le suivi quotidien des élèves.
Cette question prend une dimension particulière pour les jeunes les plus fragiles. Un éloignement prolongé de l’école peut accroître le risque de décrochage ou rendre plus difficile la remise à niveau, estime la responsable syndicale. Les équipes enseignantes et de direction cherchent donc à limiter autant que possible les jours sans cours en présentiel, tout en composant avec les mouvements annoncés et leurs conséquences concrètes sur l’accès aux établissements.
Une situation encore « très compliquée »
Le retour d’une majorité d’élèves en classe est accueilli comme un soulagement, mais la prudence demeure. Les appels à la mobilisation, lancés par les organisations de jeunesse, entretiennent une incertitude sur le déroulement des journées dans les lycées et les universités lorraines. À cela s’ajoute la mobilisation interprofessionnelle programmée jeudi, qui doit porter sur le pouvoir d’achat. Le calendrier de la semaine place ainsi les établissements scolaires dans une période particulièrement sensible.
Pour les personnels de direction, l’enjeu consiste à assurer simultanément la sécurité du fonctionnement des établissements, la continuité des enseignements et la préparation des examens. Les solutions mises en place dépendent des situations rencontrées dans chaque lycée. Elles peuvent inclure, lorsque cela s’avère nécessaire, le travail transmis par les enseignants et des échanges en visioconférence. Mais l’objectif demeure le retour des élèves dans les salles de classe.
À Nancy comme dans le reste de l’académie évoquée par Isabelle Bégin-Mansuy, la reprise constatée ne suffit donc pas à écarter toutes les difficultés. Elle offre néanmoins un point d’appui aux équipes éducatives, qui veulent éviter qu’une succession de journées perturbées ne pénalise l’année scolaire. Les premières et les terminales, en particulier, doivent pouvoir poursuivre leur préparation avant les examens de fin d’année. La suite de la mobilisation, mardi puis jeudi, permettra de mesurer si le reflux observé dans le Grand Nancy se confirme.