La cour administrative d'appel de Paris a rejeté le recours formé par un étudiant atteint d'une maladie invalidante inscrit en première année de DUT génie civil à l'université Paris-Est Créteil (Upec). Il demandait la condamnation de l'université à lui verser 59 342 euros au titre de manquements dans la mise en place des aménagements pour l'année universitaire 2020-2021.
Les faits et la procédure
L'étudiant avait saisi le tribunal administratif de Melun en novembre 2024, réclamant 50 000 euros pour un préjudice moral et 9 341 euros pour un préjudice matériel, estimant que l'Upec n'avait pas appliqué les mesures recommandées pour adapter ses études et ses examens.
Les aménagements demandés s'appuyaient sur un avis du médecin référent du service de santé universitaire de l'Upec. Selon le requérant, les préconisations du premier avis, daté du 4 septembre 2020, n'ont été mises en œuvre par l'université que le 20 novembre 2020.
« 59 342 euros »
Cadre légal rappelé
Le dossier s'inscrit dans le cadre prévu par le Code de l'éducation, qui permet aux candidats présentant un handicap « de bénéficier d'aménagements portant sur les conditions de déroulement des épreuves » et d'une « majoration du temps imparti » lorsque cela est nécessaire. L'étudiant soutenait que le retard et les dysfonctionnements allégués constituaient des manquements causant un préjudice personnel et matériel.
Décision et conséquences
La cour administrative d'appel a confirmé la décision de première instance et rejeté la demande indemnitaire du requérant. Le dispositif de la cour ne lui a pas donné gain de cause sur les montants réclamés devant la juridiction administrative.
Cette décision met en lumière des questions récurrentes autour de la mise en œuvre concrète des aménagements pour les étudiants en situation de handicap : délais d'application des recommandations médicales, coordination entre le service de santé universitaire et les services pédagogiques, et voies de recours possibles pour les étudiants qui estiment être lésés.
- Année universitaire concernée : 2020-2021.
- Montant réclamé par l'étudiant : 59 342 euros (préjudice moral et matériel).
- Dates clés : avis médical du 4 septembre 2020 ; mise en œuvre alléguée à partir du 20 novembre 2020 ; saisine du tribunal administratif en novembre 2024.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Qualification | Étudiant en 1re année DUT génie civil (Upec) |
| Montant demandé | 50 000 € (préjudice moral) + 9 341 € (préjudice matériel) |
| Décision | Rejet par la cour administrative d'appel de Paris |
Enjeux pour l'Upec et les étudiants
Si la décision judiciaire met un terme à cette demande d'indemnisation, elle rappelle les tensions possibles entre obligations réglementaires et réalité du déploiement des aménagements. Pour les étudiants en situation de handicap à Créteil et dans la communauté universitaire, les questions pratiques restent nombreuses : comment assurer la mise en place rapide et effective des préconisations médicales ? Quels interlocuteurs mobiliser en cas de difficultés ?
Sur le plan local, l'affaire peut nourrir des attentes de la part d'associations étudiantes et d'acteurs de la santé universitaire quant à la lisibilité des procédures et à la capacité de l'établissement à coordonner ses services pour l'accompagnement des étudiants en situation de handicap. La décision de la cour administrative d'appel ne modifie pas toutefois le cadre légal qui garantit l'accès aux aménagements pour les candidats présentant un handicap.
Le dossier illustre enfin les recours possibles lorsque des étudiants estiment subir un préjudice : saisines du tribunal administratif, appels devant la cour administrative d'appel, et prise en compte des avis médicaux émis par les services universitaires de santé.