Une pétition réclamant le rétablissement de la liaison aérienne entre Clermont-Ferrand et le Maroc a franchi le cap des mille signatures un mois après son lancement. À l'origine de l'initiative, Nadine Aït Ouzgoun et son époux ont souhaité mobiliser voyageurs et familles frappés par la suppression « brutale » de la desserte vers Fès, opérée début mars 2026.
Un arrêt soudain, des habitudes bouleversées
La ligne, assurée par Ryanair, proposait deux vols hebdomadaires et affichait un taux de remplissage élevé, proche de 90 %. Son retrait traduit la décision de la compagnie de se retirer de l'aéroport de Clermont-Auvergne, à Aulnat, une annonce qui a surpris de nombreux usagers locaux. Plusieurs d'entre eux ont vu disparaître progressivement les vols de la programmation en ligne, jusqu'à la suppression totale.
Pour les familles concernées, comme celle de Nadine, la rupture est plus qu'un simple inconvénient : elle modifie profondément la fréquence et le coût des déplacements. Là où ils pouvaient effectuer jusqu'à quatre voyages par an au Maroc, certains envisagent désormais un seul déplacement annuel — et parfois par bateau. D'autres doivent rallier des plates-formes plus éloignées, notamment Lyon ou Toulouse, allongeant durée et budget des trajets.
« Il faut dire les choses telles qu'elles sont : maintenant, c'est devenu un aéroport fantôme. »
Conséquences locales et attentes
Au-delà du préjudice personnel, la cessation de cette liaison interroge l'attractivité et l'avenir de l'aéroport clermontois. Les signataires de la pétition espèrent qu'une mobilisation publique suffira à convaincre une compagnie de rétablir la desserte ou à encourager une reprise progressive comparable à ce qu'a connu récemment la liaison vers Porto, réintroduite par Volotea après avoir été interrompue.
- Impact sur les familles et la diaspora marocaine de la région.
- Augmentation des temps de trajet et des coûts pour les voyageurs.
- Questionnement sur l'attractivité et la viabilité de l'aéroport de Clermont-Auvergne.
Les motivations invoquées par Ryanair pour quitter Clermont-Ferrand incluent notamment la hausse de la fiscalité sur le transport aérien en France, selon les éléments diffusés au moment de l'annonce. La suppression de la ligne vers Fès, très fréquentée, illustre la vulnérabilité des liaisons régionales face à des décisions de stratégie commerciale des compagnies.
Chronologie des faits
| Période | Événement |
|---|---|
| Avant mars 2026 | Deux vols hebdomadaires Clermont–Fès, remplissage ~90 % |
| Début mars 2026 | Suppression définitive de la liaison par Ryanair |
| Juillet–août 2026 | Lancement de la pétition ; plus de 1 000 signatures au bout d'un mois |
Les pétitionnaires prennent pour exemple la réintroduction progressive d'autres lignes, telle que celle vers Porto, pour garder « assez d'espoir » quant à un possible retour des vols vers le Maroc. En attendant, les habitants de l'aire clermontoise doivent composer avec des solutions plus longues : déplacements routiers vers d'autres aéroports, ou traversées maritimes depuis des ports comme Sète ou des points de départ en Espagne.
La situation met en lumière une double exigence pour les acteurs locaux : soutenir la demande des usagers et améliorer l'attractivité de la plate-forme d'Aulnat afin d'attirer de nouveaux opérateurs. Les prochains mois diront si la mobilisation citoyenne et les décisions politiques locales suffiront à inverser la tendance et à rendre à l'aéroport une offre plus adaptée aux besoins des Clermontois.