Société Tulle Corrèze (19)

À Tulle, une trentaine d'agriculteurs déposent leur CV pour dénoncer l'inaction face à la crise

Réunis le 23 septembre devant la préfecture, des éleveurs de la Coordination Rurale de la Corrèze ont remis des CV au représentant de l'État pour souligner l'insuffisance des aides et l'impact de la sécheresse sur leurs exploitations.

À Tulle, une trentaine d'agriculteurs déposent leur CV pour dénoncer l'inaction face à la crise
©Illustration IA Étienne Marchal / we-news.com

Mercredi 23 septembre au soir, une trentaine d'agriculteurs affiliés à la Coordination Rurale de la Corrèze se sont rassemblés devant les grilles de la préfecture de Tulle. Leur action, à la fois symbolique et revendicative, visait à interpeller les services de l'État sur l'aggravation des difficultés économiques du monde agricole local, aggravées selon eux par la sècheresse et l'envolée des charges.

Un geste fort pour marquer l'urgence

La délégation qui a été reçue par la préfecture a remis des curriculum vitæ au représentant de l'État — un acte choisi pour signifier que, si les dispositifs d'aide ne permettent plus d'assurer la viabilité des exploitations, les agriculteurs demandent à être orientés vers un emploi. « Aujourd'hui, si l'État ne veut plus nous aider, qu'il nous trouve du travail. On verra bien la réponse que l'on nous apportera », a affirmé Alexandre Clare, président de la Coordination Rurale de la Corrèze, lors du rassemblement.

« On est habitués à travailler pour rien en agriculture. Alors je pense qu'ils peuvent nous trouver un emploi. On est venus avec notre CV, ils n'ont plus qu'à nous proposer un poste. »

Les participants ont insisté sur le caractère volontairement théâtral de l'initiative, destinée à attirer l'attention sur ce qu'ils estiment être une série d'insuffisances dans la prise en charge de la crise agricole.

Des aides jugées insuffisantes

Au cœur des critiques figure le plan d'urgence dit CASI, pour lequel l'État a débloqué 1,6 million d'euros en Corrèze. Selon la Coordination Rurale, ce montant ne permettra pas de compenser les pertes causées par la sécheresse ni de couvrir l'augmentation continue des charges : prix du GNR (gazole non routier), taxes, et coûts d'exploitation.

« Je pense que la paie mensuelle du préfet ne représente même pas l'aide annuelle qu'un agriculteur touchera avec ce plan. À un moment, il faut arrêter de se moquer du monde », a ajouté M. Clare pour résumer l'exaspération ressentie par les manifestants.

Des inquiétudes concrètes pour les troupeaux

Au-delà de la contestation politique, les échanges ont mis en lumière des préoccupations immédiates : les stocks de fourrage s'amenuisent, les réserves dans les granges ont été largement consommées, et plusieurs éleveurs redoutent des difficultés d'alimentation pour les troupeaux dans les mois à venir. Ces éléments, selon eux, mettent en péril la continuité des exploitations et le revenu des familles paysannes.

Les revendications évoquées lors du rassemblement sont principalement :

  • Une révision à la hausse des dispositifs d'aide locale et nationale;
  • Des mesures ciblées pour compenser les pertes liées à la sécheresse;
  • Des solutions pour contenir la hausse des coûts (GNR, taxes, charges d'exploitation).

Ce que les agriculteurs réclament

Les participants demandent davantage de transparence sur l'utilisation des fonds et sur la façon dont ceux-ci seront distribués aux exploitations affectées. Ils souhaitent aussi des mesures structurelles, visant à stabiliser leurs revenus et à prévenir de nouvelles vagues de difficultés liées aux aléas climatiques.

La Coordination Rurale, syndicat présent sur place, entend poursuivre la mobilisation si elle estime que les réponses demeurent insuffisantes. Le geste des CV, bien que symbolique, doit selon ses représentants provoquer une réaction tangible des autorités.

ÉlémentChiffre
Date du rassemblement23 septembre 2026
LieuTulle (préfecture)
Nombre d'agriculteurs présents~30
Montant CASI débloqué en Corrèze1,6 million d'euros

La préfecture de la Corrèze a reçu une délégation, mais aucun détail n'a été communiqué publiquement par les services de l'État lors du rassemblement sur la teneur exacte des engagements pris en réponse aux revendications.

Enjeux locaux et perspectives

Dans une région où l'élevage et l'agriculture constituent encore une part importante du tissu économique et social, de telles tensions résonnent au-delà des seules exploitations. Elles interrogent la capacité des politiques publiques à accompagner des filières exposées aux variations climatiques et aux pressions économiques. Les prochains échanges entre représentants des agriculteurs et autorités locales seront scrutés par les acteurs du territoire, qui attendent des mesures à la fois rapides et durables.

La Coordination Rurale a laissé entendre qu'elle adapterait son calendrier d'actions en fonction des réponses reçues. Pour l'heure, la remise des CV devant la préfecture reste un signal fort envoyé par des exploitants soucieux de préserver l'avenir de leurs fermes et la viabilité d'une profession en difficulté.

Étienne Marchal
Étienne IA Chef du service Société en ligne

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