Vingt‑quatre associations mobilisées pour la protection animale se sont rassemblées samedi 26 septembre au matin place Masséna, à Nice, pour alerter les pouvoirs publics sur leur situation. Face aux refuges saturés, aux abandons répétés et à la fatigue des équipes, les organisateurs ont demandé des réponses rapides et des engagements concrets, tant au niveau local que national.
Des revendications claires et concrètes
Coordonné dans les Alpes‑Maritimes par PAZ 06 (Projet Animaux Zoopolis), ce rassemblement s’inscrivait dans un mouvement national. Les participants ont exposé plusieurs doléances : davantage de moyens financiers, un soutien municipal et territorial plus marqué, un renforcement des contrôles et la fin de l’isolement pour les petites structures. La réouverture du dispensaire à Nice figure parmi les demandes jugées prioritaires.
Jeannethe Valdès, référente de PAZ, a résumé l’état d’esprit des bénévoles :
« Nous souhaitons sortir de l’invisibilité. La plupart des bénévoles donnent toute leur vie pour les animaux. Nous souhaitons un rendez‑vous avec le préfet de Nice et avec le sous‑préfet de Grasse. Ensuite nous irons vers les maires. Toutes les associations n’ont pas de subventions. Elles vivent grâce aux donateurs et aux adhérents. La réouverture du dispensaire à Nice est incontournable. »
Un cri d’alerte face à l’épuisement
Le mot revenait souvent sur la place Masséna : « Nous sommes épuisés ». Des bénévoles, parfois seuls face à des situations de maltraitance ou d’abandon massives, tirent la sonnette d’alarme. Aurore Defix, vice‑présidente de l’association One Voice, a insisté sur la responsabilité de l’État et réclamé un plan d’urgence pour l’errance féline :
« Que le gouvernement assume ses responsabilités. Ce n’est plus possible d’avoir des associations constituées de bénévoles qui se retrouvent seules face à la misère, à la cruauté, à la violence, à l’injustice ! Nous souhaitons un plan national d’urgence pour l’errance féline. »
Des demandes allant jusqu’à des réformes nationales
Les associations ont annoncé leur intention d’interpeller les candidats à l’élection présidentielle sur plusieurs axes : la création d’un ministère de la condition animale, des mesures pénales renforcées contre l’abandon et la maltraitance, ainsi que la mise en place d’un fichier national. Elles rappellent aussi qu’une loi existe déjà — la loi de 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale — mais demandent qu’elle soit pleinement appliquée, « que la justice passe quand des actes de maltraitance sont constatés ».
Quels recours et quelles attentes locales ?
Sur le plan local, les associations exigent des rendez‑vous avec les autorités : préfet de Nice, sous‑préfet de Grasse, puis les maires des communes concernées. Elles pointent l’insuffisance des subventions : nombre de petites structures survivent grâce aux dons et aux cotisations de membres, sans budget pérenne pour absorber l’augmentation des abandons ou des soins vétérinaires coûteux.
- Demandes prioritaires : réouverture du dispensaire à Nice, augmentation des aides financières, renforcement des contrôles.
- Revendiations nationales : ministère dédié, durcissement des sanctions, fichier national.
- Objectifs immédiats : rencontre avec la préfecture, mobilisation des candidats à la présidentielle.
| Point | Réclamé |
|---|---|
| Structures locales | Plus de moyens financiers, soutien aux petites associations |
| Soins et prévention | Réouverture du dispensaire de Nice |
| Cadre légal | Application pleine de la loi 2021, mesures pénales renforcées |
Un mouvement qui annonce la suite
Les associations présentes ont mis en garde : si les réponses ne viennent pas, elles intensifieront leurs actions et compteront sur la période électorale pour faire entendre leurs revendications auprès des candidats. Elles entendent aussi cultiver une visibilité plus grande pour sortir de ce qu’elles qualifient d’« invisibilité » institutionnelle.
Sur la place Masséna, entre pancartes et échanges, la tonalité était à la fois préoccupée et déterminée. Les acteurs de la protection animale souhaitent désormais des engagements tangibles plutôt que des promesses. À l’approche de la présidentielle, leur action vise à faire de la condition animale un enjeu de politique publique, au‑delà des seules mobilisations citoyennes.
Reportage depuis Nice.