Le 7 août, le ministère des Transports a publié un arrêté ouvrant la possibilité d'homologuer des « petits robots de livraison routiers autonomes ». Pour Soben, société implantée à Fontanes (à une vingtaine de kilomètres au sud de Cahors), cette mesure constitue une étape majeure dans le développement industriel et expérimental de ses robots ciTHy, déjà confrontés aux contraintes urbaines et logistiques lors de tests en Europe.
Un cadre juridique qui change la donne
Jusqu'à présent, ces véhicules ne circulaient en France que dans le cadre d'expérimentations ponctuelles. L'arrêté du ministère apporte un cadre d'homologation propre aux véhicules, et non plus seulement aux expérimentations, ce qui, selon les porteurs de projet, devrait faciliter la montée en puissance des essais et la standardisation des conditions d'usage.
Pour Benjamin Talon, président de Soben, l'arrêté est une bonne nouvelle, car il fournit « un cadre réglementaire sur lequel on peut se raccrocher ». Il souligne que, auparavant, « on homologuait les expérimentations, alors que maintenant on va pouvoir homologuer les véhicules et aller plus vite dans le développement expérimental. »
« Désormais, on a un cadre réglementaire sur lequel on peut se raccrocher. Avant, on avait uniquement des autorisations à titre expérimental. » — Benjamin Talon, président de Soben
Une gamme modulable, des usages variés
Sur son site de production de Fontanes, Soben développe plusieurs tailles de robots adaptés aux besoins du « dernier kilomètre ». La gamme ciTHy comprend quatre modèles, du plus petit destiné au transport de denrées légères au plus volumineux conçu pour des charges lourdes et des usages logistiques plus étendus.
| Modèle | Capacité de charge |
|---|---|
| S | 50 kg |
| M | 150 kg |
| L | 300 kg |
| XL | 600 kg |
Ces capacités traduisent une volonté de couvrir des usages très divers : de la livraison de repas ou de colis de faible encombrement jusqu'à des missions logistiques plus lourdes. Le choix du modèle dépendra des besoins opérationnels et des contraintes de circulation dans les centres-villes.
Des expérimentations encore encadrées
Malgré l'ouverture du cadre réglementaire, l'arrêté ne signifie pas une mise en circulation libre et immédiate de ces machines sur toutes les voies publiques. Les autorités conservent la possibilité de définir des conditions spécifiques selon les territoires et les catégories de robots. Soben rappelle que ses productions restent aujourd'hui limitées : la société produit actuellement en petites séries, essentiellement pour des expérimentations.
L'entreprise ne table pas sur une commercialisation massive à très court terme : selon ses responsables, la vente au grand public ou aux clients professionnels est prévue plutôt à l'horizon 2030. D'ici là, la priorité est donnée aux tests et à l'adaptation des systèmes aux règles de sécurité routière, à la cohabitation avec les piétons et aux contraintes techniques locales.
Impacts locaux et perspectives
La présence d'un industriel du secteur dans le Lot pose des enjeux concrets pour le territoire : maintien de compétences techniques, opportunités d'emplois qualifiés, et visibilité pour des filières liées à la robotique et à la logistique urbaine. Les expérimentations en milieu réel permettront d'évaluer l'acceptabilité sociale, l'efficacité énergétique et la sécurité opérationnelle des robots.
- Un acteur local (Soben) déjà engagé depuis six ans avec le ministère des Transports.
- Quatre modèles de robots ciTHy, de 50 kg à 600 kg de capacité.
- Production actuelle limitée aux expérimentations ; commercialisation envisagée vers 2030.
Défis techniques et réglementaires
Les défis restent nombreux : navigation fiable dans des environnements partagés, gestion des situations imprévues, intégration aux infrastructures routières et respect des règles de sécurité. Le nouveau cadre d'homologation devrait permettre d'harmoniser les exigences techniques et de sécurité entre fabricants et autorités, accélérant ainsi la collecte de données comparables issues d'essais multiples.
Pour les collectivités locales, l'arrivée potentielle de ces robots pose aussi la question de l'aménagement des espaces publics — trottoirs, pistes cyclables, stationnements dédiés — et de l'adaptation des règlements municipaux aux nouveaux usages.
À Fontanes et dans le Lot, Soben espère que cette évolution réglementaire facilitera la transition de phases expérimentales vers des déploiements plus larges, tout en restant mesurée et progressive afin d'assurer la sécurité et l'acceptation sociale indispensables à la réussite de ces innovations.