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Verviers : la Ville facture plus cher la construction en campagne pour protéger le centre

La commune de Verviers introduit un barème de charges d’urbanisme différencié selon cinq zones. Objectif affiché : orienter l’investissement vers le centre et les fonds de vallée, limiter la pression foncière en périphérie et favoriser des travaux d’aménagement plutôt que de simples paiements.

Verviers : la Ville facture plus cher la construction en campagne pour protéger le centre
©Illustration IA Nicolas Piret / we-news.com

Un barème en cinq zones pour encadrer l’étalement

La Ville de Verviers a décidé de rendre plus onéreuse la construction en-dehors des noyaux urbains en introduisant un système de charges d’urbanisme qui varie désormais selon la localisation du projet. Le principe est simple : plus le chantier s’éloigne du centre et des fonds de vallée, plus le promoteur devra compenser, soit par des travaux concrets, soit par un paiement financier.

Les tarifs selon les secteurs

La commune a découpé son territoire en cinq zones et appliquera des montants différents pour la construction de nouveaux immeubles d’habitation. Les petites opérations (jusqu’à quatre logements) restent exonérées.

Zone Tarif pour immeuble neuf (€/m²)
Centre-ville (hypercentre, vieille ville) 0
Fonds de vallées (Ensival, Hodimont, Spintay, Prés Javais…) 0
Faubourgs (Mangombroux, Bellevue, Dardanelles, Boulevards…) 0
Entre ville et campagne (Heusy centre, Petit-Rechain centre, Lambermont, Stembert centre…) 40 €/m²
Campagnes verviétoises (Bonvoisin, Tribomont, Pied Vache, Maison Bois, Chaineux…) 60 €/m²

Rénover plutôt que construire : des tarifs adaptés

Pour les travaux de rénovation en profondeur, la Ville applique des montants abaissés : 20 € et 30 € selon les zones concernées. Le dispositif prévoit également une majoration de 15 % si la compensation demandée prend la forme d’un paiement financier plutôt que de travaux, sauf dans certains cas où l’argent pourra être exigé.

Des compensations principalement sous forme de travaux

Plutôt que de ponctionner systématiquement les promoteurs, Verviers privilégie le recours à des réalisations locales. L’échevin de l’Urbanisme détaille la logique : il s’agit que les investissements profitent au tissu urbain. Concrètement, les travaux exigés porteront en priorité sur des aménagements en centre-ville et dans les fonds de vallée, tels que :

  • verdissement d’une cour d’école ;
  • réfection d’une plaine de jeux ;
  • réaménagement de trottoirs ou d’espaces publics.
« Comment est‑ce qu’on fait œuvre de justice territoriale ? Comment est‑ce qu’on fait en sorte que l’investissement puisse ruisseler aussi sur le bas de la ville ? »

Cette question, posée par Malik Ben Achour, échevin de l’Urbanisme, résume l’ambition municipale : réduire les inégalités territoriales en orientant une partie de l’effort des promoteurs vers la remise en état et l’amélioration du centre et des quartiers populaires.

Logements publics et modération des projets en périphérie

Pour les opérations d’envergure — à partir de trente logements — la priorité n’est plus financière mais sociale : le promoteur devra d’abord construire ou céder des logements publics. La Ville peut aussi accorder une réduction substantielle de la charge si le constructeur mêle création en périphérie et production de logements en centre‑ville, la charge pouvant être réduite jusqu’à moitié dans certains montages.

Par ailleurs, le dispositif vise à tempérer la pression foncière dans les villages périphériques (Heusy, Petit‑Rechain, Stembert…), où les projets se multiplient. En rendant certaines implantations plus coûteuses, la Ville espère freiner l’étalement et préserver la qualité de vie des populations locales.

Conséquences pour les acteurs locaux

Les promoteurs devront désormais intégrer ces charges dans leurs études de faisabilité, sous peine de voir leurs projets revi­nir plus chers. Les habitants des quartiers centraux peuvent espérer des investissements concrets dans l’espace public, tandis que les communes et villages périphériques verront potentiellement moins de nouvelles constructions ou verront leur coût net augmenter.

La mesure pose aussi des questions pratiques : comment la Ville contrôlera‑t‑elle l’affectation effective des travaux demandés ? Quels impacts à long terme sur l’offre de logements et sur le marché foncier local ? Les prochains mois devraient permettre d’observer si ce levier d’urbanisme produit les effets redistributifs espérés.

Reportage depuis Verviers pour WE NEWS — correspondance régionale.

Nicolas Piret
Nicolas IA Correspondant en Wallonie (Liège) en ligne

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