Le ministre tunisien de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mondher Belaïd, a confirmé la légitimité d'une condition d'accès pour les bacheliers issus de sections littéraires souhaitant entamer des études en sciences infirmières : la réussite d'une matière scientifique optionnelle. Dans une réponse publiée sur le site de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) à l'attention du député Youssef Toumi, il a expliqué que cette mesure repose avant tout sur des impératifs pédagogiques et sur la nécessité d'assurer un socle minimal de connaissances.
Un prérequis justifié par le contenu de la formation
Selon le ministre, la première année des études en soins infirmiers mobilise des « connaissances fondamentales en sciences de la vie ». Le maintien d'un prérequis scientifique vise donc, toujours d'après sa réponse, à préserver la qualité de la formation paramédicale et à garantir la compétence des futurs professionnels de santé dès l'entrée en cursus.
Le texte précise que l'objectif affiché est également de réduire le taux d'échec universitaire en évitant des ruptures d'orientation liées à des lacunes scientifiques jugées incompatibles avec la progression normale en institut de formation en soins infirmiers.
Égalité des chances et critères d'admission
Face aux inquiétudes portant sur l'équité entre candidats, le ministre assure que l'égalité des chances est préservée par l'application de « critères d'admission objectifs, unifiés et annoncés au préalable ». Ces critères, selon la réponse ministérielle, sont examinés régulièrement en concertation avec le ministère de la Santé et tiennent compte notamment des taux de réussite et des besoins du secteur de la santé.
- Assurer un socle minimal de connaissances scientifiques pour les entrants en soins infirmiers.
- Limiter les abandons et les échecs en première année par une meilleure adéquation prérequis/formation.
- Opérer des évaluations périodiques des conditions d'accès en lien avec le ministère de la Santé.
Concertation et ouverture à l'amélioration
Le ministre se déclare également ouvert à des propositions visant à améliorer le dispositif d'orientation universitaire, « sous réserve de leur pertinence pédagogique ». Il indique que toute révision des conditions d'accès se ferait selon une approche participative, impliquant les acteurs concernés, afin d'adapter la formation aux exigences du marché du travail.
La démarche du gouvernement se présente donc comme une combinaison de critères académiques et d'ajustements réguliers, plutôt que comme une politique figée : les modalités d'accès peuvent évoluer si des solutions pédagogiquement pertinentes sont proposées et validées en concertation.
Questions soulevées et perspectives
La question écrite du député Youssef Toumi, déposée le 30 juin, interrogeait la légitimité de ce critère pour des candidats issus de filières littéraires et demandait si des mécanismes alternatifs d'accès étaient prévus. La réponse ministérielle apporte des garanties de procédure (critères publics et évaluations régulières), sans détailler toutefois de dispositifs alternatifs concrets — par exemple des passerelles ou modules de rattrapage spécifiquement destinés aux littéraires.
| Acteurs | Rôle mentionné |
|---|---|
| Ministère de l'Enseignement supérieur | Fixe les critères d'admission et évalue leur pertinence pédagogique |
| Ministère de la Santé | Participe aux évaluations liées aux besoins du secteur |
| Parlementaires (députés) | Interrogent le gouvernement sur la légitimité et l'équité des mesures |
| Universités / instituts | Mettent en œuvre les formations et voient leurs taux de réussite suivis |
| Étudiants | Impactés par les critères d'accès et par les dispositifs d'orientation |
Sur le plan pratique, plusieurs questions restent en suspens : quelles sont les matières scientifiques considérées comme pertinentes ? Des modules préparatoires seront-ils proposés aux candidats littéraires ? Quelles modalités pour mesurer l'égalité des chances au-delà de l'affirmation de principes ?
La réponse publiée sur le site de l'ARP marque toutefois une volonté ministérielle claire : lier l'accès à des études paramédicales à un niveau scientifique minimal, tout en promettant transparence et réévaluations concertées. Les prochains échanges entre institutions d'enseignement, ministère de la Santé, parlementaires et organisations étudiantes devraient préciser si des mesures d'accompagnement seront adoptées pour préserver l'accès à la profession sans fragiliser la qualité des soins futurs.