Une soirée au Pairay marquée par une décision vidéo décisive
La rencontre opposant Seraing à Lokeren, comptant pour la Challenger Pro League, ne sera pas oubliée uniquement pour son score ou son déroulé : elle restera dans les annales comme la première fois que la vidéo a été utilisée dans l’antichambre de notre élite. Ce recours au « Football Video Support » (FVS) a abouti, avant la mi-temps, à l’expulsion du Sérésien Fostave Mabani, changeant en profondeur le visage du match.
Peu avant la pause, alors que l’arbitre regardait ailleurs, Mabani aurait porté un coup sur un défenseur de Lokeren. Les entraineurs Matias Lloci et Sam Van Aerschot ont rapidement demandé à Stijn Vreven d’utiliser l’un des deux appels vidéo dont dispose désormais chaque coach. En quelques dizaines de secondes, l’arbitre Anthony Letellier a pris la décision d’exclure le médian droit sérésien.
« On a vu que les arbitres n’étaient pas au point et je pense que ce recours à la vidéo va semer la pagaille »,
avait déclaré Arnauld Mercier avant le match, propos que la soirée au Pairay tend à rendre prémonitoires.
Un match dominé par Lokeren, autant avec qu’à cause de la vidéo
Sur la pelouse, Lokeren a largement pris le contrôle des débats. Dès la première moitié de la rencontre, les visiteurs affichaient une domination nette du ballon : la possession atteignait 77 % après 25 minutes, selon les relevés de la rencontre. Les Sérésiens, malgré quelques tentatives — une frappe trop molle de Lockman, ou une reprise spectaculaire de Gnemagnon — n’ont pas réussi à mettre en difficulté leur adversaire.
Juste après la demi-heure, Vancy Mabanza a profité d’un manque de réactivité de la défense sérésienne pour ajuster une déviation dans le petit rectangle, scellant l’allure du match. Lokeren n’a ensuite jamais été réellement inquiété sur la pelouse du Pairay.
Le nouveau système FVS : rapide pour les fautes, lent pour certains buts
Le recours à la vidéo a montré des visages contrastés : la vérification ayant conduit à l’expulsion de Mabani a été menée très rapidement, en quelques dizaines de secondes, alors que d’autres vérifications (notamment pour une reprise de Palacios) ont pris plus d’une minute sans soulever de controverse sur le terrain. En fin de match, l’entraîneur sérésien Arnauld Mercier a sollicité deux autres interventions aux 81e et 94e minutes suite à des duels dans la surface, sans obtenir gain de cause.
- Exclusion : Fostave Mabani, expulsé après intervention FVS.
- Possession : Lokeren affichait 77 % après 25 minutes de jeu.
- Interventions vidéo : plusieurs demandes côté Seraing (81e et 94e) restées infructueuses.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Possession (après 25') | 77 % pour Lokeren |
| Interventions FVS demandées par Seraing | 81e et 94e minutes (sans succès) |
| Décision notable | Exclusion de Fostave Mabani après visionnage |
Cette première utilisation opérationnelle du FVS en 1B pose d’emblée des questions pratiques et d’arbitrage : rapidité d’intervention, critères de sanction, et cohérence entre ce qui est sanctionné instantanément et ce qui nécessite des vérifications plus longues. Les observateurs noteront aussi que, selon plusieurs commentaires, Lokeren aurait probablement imposé sa loi même sans le recours à la vidéo, tant l’écart de maîtrise du jeu a été net.
Pour Seraing, la soirée au Pairay est donc à double lecture : une défaite sur le terrain face à un adversaire dominateur, et une entrée en scène du FVS qui transforme la gestion des incidents et pourrait influencer durablement les stratégies d’arbitrage et d’entraîneurs en Challenger Pro League. Les débats sur la mise en œuvre et l’impact de la vidéo sont loin d’être clos, et les prochains matches serviront de nouveaux terrains d’expérimentation.
Sur le plan sportif immédiat, la mission des Sérésiens devient plus exigeante : il faudra digérer cette défaite et surtout trouver des réponses tactiques pour ne pas reproduire la passivité constatée au Pairay.
À Seraing comme ailleurs, le football change — la petite révolution du Football Video Support ne fait que commencer.