Le chef des socialistes flamands a remis la question de la contribution des plus fortunés au cœur du débat budgétaire, tout en nuançant certaines pistes évoquées ces dernières semaines. Alors que les négociations sur l’effort budgétaire se poursuivent au fédéral, Conner Rousseau estime que les « épaules les plus larges » doivent participer davantage pour alléger la charge qui pèse sur le reste de la population.
Un appel à une contribution ciblée des plus aisés
Réagissant aux déclarations du Premier ministre Bart De Wever — qui a affirmé que « tout le monde allait ressentir l'effort budgétaire » — M. Rousseau a mis en doute la manière dont les plus riches percevront ce sacrifice. Il a notamment lancé :
« Je me demande comment le millionnaire va les ressentir »
Pour le président des socialistes flamands, la question n'est pas le nom donné à la mesure mais son résultat : l'objectif est d'augmenter la contribution de ceux qui ont le plus de moyens. Il se dit prêt à reprendre à son compte une mesure à condition qu'elle produise l'effet recherché.
Les sociétés de management et « les abus »
Ces dernières semaines, une piste évoquée dans les discussions budgétaires consistait à intervenir via les sociétés de management. M. Rousseau rappelle toutefois que ce mécanisme ne doit pas être confondu avec une taxe des millionnaires ; selon lui, la plupart des personnes qui recourent à ce type de structure ne sont pas nécessairement des millionnaires.
Il a appelé à mettre un terme aux pratiques qu'il qualifie d’abus, sans préciser de nouvelles mesures concrètes dans l'immédiat. Cette mise au point intervient à un moment où la pression politique est forte pour répartir l’effort budgétaire de manière perçue comme plus équitable.
Oppositions sur d'autres propositions
Sur d'autres dossiers en discussion, le président socialiste affiche des désaccords. Il se dit opposé, entre autres, à la non-indexation du pécule de vacances des pensionnés, proposition qui a été avancée dans certains cercles comme levier d’économies supplémentaires.
- Relancer une contribution plus élevée des plus fortunés via une mesure dont le nom importe peu, pourvu qu’elle soit efficace.
- Déconstruire l’équation automatique entre sociétés de management et « taxe des millionnaires » ; ces structures ne seraient pas l’apanage des millionnaires.
- Refuser certaines mesures d’économies ciblant les pensionnés, comme la non-indexation du pécule de vacances.
Le positionnement de M. Rousseau illustre la difficulté pour les partis de centre gauche de concilier demande de justice fiscale et réalités techniques des outils disponibles. Le choix des instruments — taxe spécifique, imposition des revenus, assiette via des structures juridiques — conditionnera tant l'acceptabilité politique que l'efficacité budgétaire.
| Point | Position de Conner Rousseau |
|---|---|
| Contribution des plus riches | Oui, hausse souhaitée si efficace |
| Sociétés de management | Oppose l’assimilation à une taxe des millionnaires; demande la fin des abus |
| Pécule de vacances des pensionnés | Opposition à la non-indexation |
Dans le paysage politique belge, où le fédéralisme et la concurrence entre niveaux de pouvoir compliquent déjà la mise en œuvre de grandes réformes fiscales, la proposition de M. Rousseau relance le débat sur la progressivité de l’effort. Reste à savoir quelle forme concrète prendra cette contribution accrue et si les autres forces politiques au fédéral y seront favorables.
Les négociations budgétaires vont se poursuivre. Le camp socialiste espère peser sur les choix finaux pour que l’effort demandé aux ménages les plus modestes soit limité et que l’ajustement repose davantage sur les personnes et mécanismes susceptibles d’en supporter la charge.