Une marche citoyenne pour tirer la sonnette d'alarme
À Nivelles, la question du logement prend une tournure visuelle : en flânant dans le centre, nombreux sont les immeubles qui apparaissent fermés ou délabrés. Pour sensibiliser les pouvoirs publics et proposer des pistes de réhabilitation, le Réseau brabançon du droit au logement a organisé une « marche du vide » à laquelle ont participé des habitants de la commune.
Cette initiative vise à recenser les façades vides et à formuler des solutions concrètes pour redynamiser le cœur de la ville. Les participants ont apposé des affiches sur les devantures et échangé des propositions lors du parcours, souhaitant attirer l’attention sur des bâtiments susceptibles d’être transformés en logements ou en espaces utiles pour la collectivité.
Contexte : une province où se loger coûte cher
Le contexte économique renforce l’urgence de la question. Selon Statbel, le prix médian d’un logement en Brabant wallon s’établit à 400 000 €, ce qui place la province comme la plus chère du pays. Par ailleurs, l’immobilier y a pris 8 % de valeur depuis 2025, rendant l’accès au logement toujours plus difficile pour de nombreux ménages.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Prix médian en Brabant wallon | 400 000 € |
| Évolution depuis 2025 | +8 % |
Des causes multiples, des solutions inégales
Les raisons de la vacance sont variées et parfois complexes. La commune signale que certains biens appartiennent à des propriétaires qui n’ont pas les moyens d’investir dans des travaux. D’autres bâtis demanderaient des travaux lourds pour être rendus habitables, voire ne seraient pas facilement adaptables au logement en raison de leur configuration.
Pour ces raisons, la municipalité affirme être à l’écoute des propositions citoyennes, mais souligne aussi la difficulté d’agir de façon systématique et immédiate : contraintes juridiques liées à la propriété, coûts de rénovation et admissibilité des bâtiments au logement sont autant d’obstacles réels.
La parole des habitants
« Se loger devient de plus en plus difficile et il y a beaucoup de personnes isolées »,
témoigne une participante de la marche, qui espère que la visibilité donnée à ces immeubles favorisera une réflexion collective et des initiatives concrètes. Les marcheurs restent optimistes et misent sur la force du collectif pour faire bouger les choses.
- Recensement citoyen des bâtiments vacants pour mieux informer les autorités.
- Appels à la réhabilitation ou à la conversion en logements adaptés, selon les cas.
- Rappel des limites : propriétaires démunis, coûts de travaux, inadaptation de certains sites au logement.
Vers quelles réponses publiques ?
La démarche met la pression sur les autorités locales et régionales pour qu’elles examinent des outils de mobilisation des bâtiments vacants : aides à la rénovation, incitants fiscaux, procédures d’intervention en dernier recours. À ce stade, la commune nivelloise assure suivre les propositions mais ne promet pas de solutions immédiates, évoquant la nécessité d’un diagnostic précis et de moyens adaptés.
La marche du vide à Nivelles illustre combien la crise du logement se traduit par des contrastes visibles : une professionnalisation et une attractivité de la province d’un côté, des friches urbaines et des logements inoccupés de l’autre. Le débat autour du devenir de ces bâtiments s’annonce comme un enjeu central des prochaines années pour la vitalité du centre-ville.