Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI), l’économie du Ghana doit dépasser celle de l’Éthiopie d’ici 2026, avec un produit intérieur brut (PIB) ghanéen estimé à 128,64 milliards de dollars. Ce basculement ne traduit pas uniquement une accélération ghanéenne, mais aussi l’impact d’une dépréciation de la monnaie éthiopienne sur le PIB exprimé en dollars.
Une croissance alimentée par les matières premières et un marché intérieur en expansion
Le Ghana s’appuie sur des exportations diversifiées : or, cacao, pétrole et gaz, tandis que son marché intérieur est en pleine expansion, écrivait la source. Parmi ces produits, l’or reste un poste majeur pour les finances publiques et pour les recettes d’exportation.
« L’or demeure, en particulier, un produit d’exportation essentiel pour les finances publiques. »
La progression des cours des matières premières a joué en faveur d’Accra, tout comme une stabilité relative de sa monnaie, qui a permis de limiter l’érosion du PIB en dollars. À l’inverse, la dépréciation du birr a réduit le PIB éthiopien lorsqu’il est converti en dollars, malgré une croissance réelle qui devrait rester plus rapide en Éthiopie.
Des chiffres nets, mais des défis structurels persistants
Si le passage devant l’Éthiopie est un repère symbolique, il masque des fragilités. La source souligne que le Ghana peine à transformer ses recettes d’exportation en investissements durables, en création d’emplois et en montée en puissance industrielle.
Concrètement, la conversion d’une rente minière et agricole en développement productif suppose des politiques publiques et privées ciblées : amélioration des infrastructures, renforcement des capacités industrielles, formation et incitations à l’investissement à long terme. Sans ces leviers, le simple renfort des recettes d’exportation risque de rester insuffisant pour ancrer une croissance inclusive et durable.
- PIB projeté du Ghana en 2026 : 128,64 milliards de dollars.
- Principaux moteurs : or, cacao, pétrole, gaz et marché intérieur en expansion.
- Facteur de contraste : dépréciation du birr qui pèse sur le PIB éthiopien en dollars, tandis que la stabilité monétaire ghanéenne avantage sa position relative.
| Pays | Situation (source) |
|---|---|
| Ghana | PIB estimé à 128,64 Mds $ en 2026 ; avantages liés aux matières premières et stabilité monétaire, mais difficulté à convertir la rente en développement productif. |
| Éthiopie | Croissance réelle plus rapide attendue, mais dépréciation du birr qui réduit le PIB exprimé en dollars. |
Pour les observateurs économiques, l’indication fournie par le FMI est double : d’un côté, elle confirme la résilience et le rôle central des matières premières dans l’économie ghanéenne ; de l’autre, elle met en lumière la vulnérabilité des classements mondiaux aux variations de change et aux cours des commodités.
À court terme, la trajectoire du Ghana profitera de la remontée des cours et d’une monnaie relativement stable ; mais, à moyen et long terme, la question demeure : comment transformer ces gains en emplois, en investissements industriels et en diversification économique ? La réponse dépendra des choix de politique économique et des efforts pour attirer des capitaux orientés vers la transformation locale et l’innovation.
Sans actions structurelles claires, l’amélioration du PIB nominal risque de rester une performance de façade, limitée dans son impact sur le bien‑être et l’emploi des populations.