La Gradiva, premier long métrage de la réalisatrice française Marine Atlan, sorti en salles le 21 octobre, suscite un engouement critique rare. Récompensé par le Grand Prix de la Semaine de la critique à Cannes, le film suit une classe de lycéens en voyage scolaire près de Naples et a été acclamé par la quasi‑totalité de la presse spécialisée.
Un voyage scolaire qui résonne
Dans un dispositif naturaliste, le récit concentre son attention sur une vingtaine d’adolescents escortés par leur professeure de latin à la découverte des sites antiques — de Pompéi au musée archéologique de Naples. Au fil des escales, les jeunes sont confrontés à des découvertes esthétiques et historiques mais aussi à des émotions contradictoires : joie, désir, colère, désillusion. Trois personnages, dont Toni (interprété par Colas Quignard), occupent une place centrale dans l’évocation des tensions identitaires et affectives traversant le groupe.
La critique s’accorde
La presse française a salué l’équilibre sensible du film entre promenade urbaine et plongée dans l’antique. Télérama note la manière dont la réalisatrice compose « un étonnant concentré où l’histoire antique résonne avec tout ce que traversent les adolescents », soulignant la richesse des séquences mêlant découverte et confrontation.
« Entre balade dans les quartiers napolitains, halte avec leçon instructive à la villa des Mystères, visite de musée, escapade pour rencontre nocturne et fête collective, le séjour est mouvementé, riche d’apprentissages, de découvertes euphoriques comme de désillusions cruelles. »
Le Monde a lui aussi apprécié le jeu du contraste temporel : la contemporanéité vive des lycéens se trouve amplifiée par la présence de couches historiques anciennes de la cité napolitaine. Le quotidien illustre ce vertige par l’image d’un « frêle élève en survêtement bleu électrique » perdu au milieu des objets millénaires d’un musée.
Un film de petites choses qui fait grande impression
Au‑delà de la simple carte postale touristique, La Gradiva s’appuie sur des moments intimes et des micro‑récits pour construire une fresque d’apprentissage. La mise en scène privilégie l’observation et la sensibilité aux gestes, aux regards et aux lieux, plutôt que l’intrigue spectaculaire. Ce parti pris a visiblement séduit la critique, qui relève la justesse des situations et la façon dont l’Antiquité dialogue avec les préoccupations contemporaines des adolescents.
- Titre : La Gradiva
- Réalisatrice : Marine Atlan
- Sortie en salles : 21 octobre
- Distinction : Grand Prix de la Semaine de la critique (Cannes)
- Production : Les films du poisson — Bibi Film TV — Arte France Cinéma
Conséquences et perspectives
La réception critique enthousiaste de La Gradiva devrait renforcer la visibilité de Marine Atlan sur le circuit des festivals et auprès des distributeurs, facilitant l’exportation du film et la circulation de ses comédiens. Pour le public belge, ce type de film peut également renouveler l’intérêt pour les récits de formation français portés par de jeunes acteurs et par une mise en scène attentive aux lieux et aux temporalités croisées.
À l’heure où la rentrée cinématographique propose un large éventail de sorties, l’unanimité autour de ce premier long métrage est un signal : certains films dits « de petit format » parviennent, par la qualité de l’écriture et de la direction d’acteurs, à imposer une vision forte et à marquer durablement la critique comme le public.
Pour les amateurs et spectateurs curieux, La Gradiva est désormais programmée en salles ; sa réception par la critique laisse entendre qu’il pourrait s’imposer, dans les mois à venir, comme l’un des films français incontournables de la saison.