Un commerçant élu tire la sonnette d’alarme
À Arlon, la question de la tranquillité du centre-ville revient sur la table. Raphaël Filipucci, conseiller communal et commerçant, a publié un message sur Facebook pour alerter sur des incivilités qu’il juge « parfois répétitives, parfois violentes ». Son intervention, relayée par d’autres acteurs locaux, vise à pousser les responsables et les commerçants à « prendre conscience du problème et réagir ».
Interrogé, M. Filipucci insiste sur la complexité de la situation : il ne s’agit pas, selon lui, d’un simple cas à régler au coup par coup. Les faits décrits vont des insultes aux bagarres, en passant par des comportements liés à l’ivresse et des interpellations de la clientèle. Pour l’élu, ces agissements nuisent au commerce et à l’attractivité du cœur de ville.
« Face aux incivilités, on ne fait pas l'autruche ! »
Un appel au dialogue, pas à la stigmatisation politique
Le post de M. Filipucci n’est pas uniquement une dénonciation : il se veut également une invitation au dialogue. Il affirme que l’ensemble des commerçants et des élus locaux ont conscience du problème et doivent réfléchir « ensemble autour d’une table » à des solutions durables. Il dit vouloir éviter que cette question ne devienne un instrument de division partisane.
Le message a été relayé par Benjamin Sigard, commerçant et élu du groupe Arlon 2030. Interrogé sur une éventuelle volonté de son groupe de se positionner face à une décision d’exclusion prise précédemment par le bourgmestre, M. Filipucci rappelle que les acteurs qui souhaitent voir prospérer Arlon « ont conscience du problème » et que leur intention est d’apporter des propositions sans s’opposer systématiquement à la majorité.
- Types d’incidents évoqués : injures, bagarres, état d’ébriété, interpellations de clients.
- Objectif de l’intervention : susciter une prise de conscience collective et des solutions concertées.
- Positionnement politique : appel au dépassement des clivages, coopération entre majorité et acteurs locaux.
Ni « Bronx », ni « Chicago », mais une vigilance nécessaire
Pour relativiser, M. Filipucci rappelle qu’« Arlon n'est pourtant pas le Bronx », citant d’autres communes qui ont connu des faits plus graves. Cette comparaison vise à dire que, s’il ne s’agit pas d’une situation extrême, il ne faut pas pour autant laisser la situation s’enliser : « ça peut avoir des dérives et s'aggraver rapidement », souligne-t-il.
| Éléments rapportés | Conséquences évoquées |
|---|---|
| Injures | Gêne pour la clientèle |
| Bagarres et état d’ébriété | Crainte et dégradation de l’image du centre-ville |
| Interpellations de clients | Inconfort pour les commerçants et la clientèle |
Interrogé sur la manière dont la majorité communale pourrait accueillir son post, M. Filipucci estime que le bourgmestre ne le verra probablement pas, arguant qu’« il se protège des réseaux ». Il précise toutefois qu’on relaiera l’information en interne et défend au passage certains responsables en ville : « en le citant, je voulais le défendre… on ne peut pas dire qu'il n'a pas à cœur le commerce et le centre‑ville », dit-il à propos de figures locales citées dans le débat.
Quels enseignements pour Arlon ?
Le signal lancé par un élu-commerçant souligne plusieurs enjeux pour Arlon : la préservation de l’attractivité commerçante, la sécurité et le sentiment de sécurité des habitants et des visiteurs, ainsi que la nécessité d’un travail concerté entre élus, police et acteurs économiques. Sans propositions chiffrées ni plans d’action précis annoncés à ce stade, l’alerte met surtout en lumière la volonté d’ouvrir un espace de réflexion collective plutôt que d’engager une polémique politique.
À l’approche de la rentrée et des périodes de fort passage en centre-ville, cette prise de parole devrait relancer les discussions au sein des instances communales et parmi les commerçants, pour définir des mesures opérationnelles adaptées à la réalité d’Arlon.