L’association d’insertion Question de culture, implantée à Prigonrieux, relance ses activités après une canicule qui a détruit une grande partie de ses récoltes. Malgré le coup dur, l’organisme, qui emploie une vingtaine de salariés en maraîchage bio, a déjà engagé des mesures pratiques et se tourne vers de nouveaux projets pour consolider son modèle d’insertion professionnelle.
Des pertes sévères mais des mesures immédiates
La première vague de chaleur de 2026 a constitué « un véritable coup de massue » pour l’équipe. Selon les encadrants techniques, Joël et Johan, «
Tout a brûlé, on est reparti à zéro avec les cultures automne-hiver : carottes, navets, radis rose, poireaux, choux de Milan, betteraves rouges.» Face à la destruction des parcelles, l’association a rapidement ressemé des variétés résistantes et adapté son organisation de travail.
Organisation et adaptations pratiques
Pour limiter l’impact des fortes chaleurs sur les salariés et les cultures, Question de culture a modifié les horaires de travail :
- matin : 7 h à 11 h ;
- pause et plage courte : 11 h 30 à 13 h 30.
Des donateurs ont en outre financé et installé des équipements d’arrosage, jugés essentiels pour garantir la reprise des cultures maraîchères. L’association s’est remise au travail sur un catalogue de semis automne-hiver comprenant notamment des oignons blancs et des épinards.
Un modèle pluriel d’activités
Question de culture repose sur quatre activités supports complémentaires :
- le maraîchage bio à Prigonrieux, employant une vingtaine de salariés ;
- une recyclerie à Bergerac, qui compte 4 205 adhérents ;
- des chantiers d’aménagement paysager pour des communes ;
- un laboratoire de transformation des légumes.
Le dispositif permet à 110 adhérents de bénéficier d’un panier hebdomadaire de légumes, distribués notamment à Renaudat et dans des points de collecte à Bergerac et Bordeaux.
Formation et perspectives d’insertion
Au-delà de la production, l’association mise sur la formation comme levier d’autonomie professionnelle. Certains salariés conduisant les tracteurs ont ainsi obtenu l’« attestation de formation en situation de travail (Afest) », présentée par les encadrants comme « un marqueur d’autonomie très recherché par les employeurs agricoles ». Ces acquis techniques renforcent l’employabilité des participants.
Gouvernance et projets
Le président Philippe Alary, dont le mandat a été reconduit lors de l’assemblée générale fin juin, a salué l’engagement des salariés, bénévoles, partenaires et adhérents. Il a rendu un hommage particulier à Annie Promit, responsable administrative et financière pendant vingt-cinq ans, qui a pris sa retraite le 1er août, ainsi qu’à Marie‑Thérèse Boulard, partie à la retraite après cinq ans d’ancienneté.
Deux nouveaux projets structurants ont été annoncés et sont désormais à l’étude : « École‑être » et « Matériauthèque ». Ces initiatives visent à diversifier les activités pédagogiques et matérielles de l’association, et à consolider son rôle d’acteur local d’insertion.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Salariés en maraîchage | ~20 |
| Adhérents paniers | 110 |
| Adhérents recyclerie | 4 205 |
| Variétés actuellement cultivées (automne‑hiver) | 43 légumes |
Alors que le dérèglement climatique rend les aléas météo plus fréquents, l’exemple de Question de culture illustre la nécessité d’allier résilience agricole, formation professionnelle et solidarité locale. L’association mise sur la mobilisation collective et des outils concrets pour transformer cette épreuve en opportunité de renforcement de son projet d’insertion.