Un parcours révolutionnaire qui commence à Biran
Fidel Alejandro Castro Ruz est né le 13 août 1926 à Biran, dans la province d’Oriente, à l’est de Cuba. Fils d’un propriétaire terrien d’origine espagnole et diplômé de la faculté de droit de l’université de La Havane, il s’engage très tôt dans l’action politique. Sa trajectoire, qui a façonné la politique latino‑américaine de la seconde moitié du XXe siècle, s’ouvre avec le coup d’État du général Fulgencio Batista en 1952, face auquel Castro prend les armes.
Après l’échec de l’assaut contre la caserne Moncada à Santiago de Cuba, il est condamné à quinze ans de prison puis bénéficie d’une amnistie au bout de deux ans. L’exil au Mexique lui permet de rencontrer l’Argentin Ernesto « Che » Guevara ; en décembre 1956, lui et 80 hommes rejoignent clandestinement l’île à bord du navire Granma. L’expédition se révèle un revers, mais le groupe parvient à se replier et à s’installer dans la Sierra Maestra, où la guérilla s’organise.
De la guérilla à la prise du pouvoir
La guérilla menée par Castro et ses compagnons — parmi lesquels figurent Raul Castro, le « Che » Guevara et Camilo Cienfuegos — progresse au fil des années. Le régime de Batista, soutenu par les États‑Unis, s’effondre le 1er janvier 1959. Le 8 janvier, Castro et ses « barbudos » entrent à La Havane, marquant le début d’une transformation profonde du pays.
Nom du gouvernement, postes occupés et nuances politiques ont évolué après la prise de pouvoir, mais certaines décisions ont très vite attiré l’attention et la contrariété de Washington. Parmi elles, des réformes nationalistes et des mesures de redistribution qui posent les jalons d’une rupture diplomatique et économique durable avec les États‑Unis.
« caractère socialiste »
En 1961, la tentative d’invasion par des exilés cubains soutenus par la CIA à la Baie des Cochons échoue. C’est à cette période que Fidel Castro proclame le « caractère socialiste » de la révolution cubaine, formule aux conséquences internationales immédiates. En février 1962, les États‑Unis imposent un blocus économique à Cuba.
Crise des missiles et basculement vers l’URSS
Craignant une invasion américaine, le régime castriste se rapproche de l’URSS. Moscou installe des missiles sur le territoire cubain en 1962, à portée des côtes américaines, entraînant la crise des missiles qui dure treize jours et plonge le monde dans la peur d’un conflit nucléaire. L’intervention de Nikita Khrouchtchev, qui accepte le retrait des ogives en contrepartie de concessions, met un terme à la confrontation directe mais inscrit Cuba au cœur des tensions Est‑Ouest.
Un pouvoir long, une transition familiale
Fidel Castro dirige Cuba d’une main ferme pendant des décennies, avant de céder progressivement le pouvoir à son frère Raul. La transition formelle s’opère en 2006, marquant la fin d’une ère mais pas l’effacement des choix politiques et des ruptures internationales provoquées par le régime castriste.
- 13 août 1926 : naissance à Biran.
- 1952–1959 : opposition armée après le coup d’État de Batista, échecs et guérilla dans la Sierra Maestra.
- 1er janvier 1959 : chute du régime de Batista.
- 1961–1962 : Baie des Cochons, proclamation du caractère socialiste, blocus américain, crise des missiles.
- 2006 : succession par Raul Castro.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1926 | Naissance à Biran |
| 1952 | Coup d’État de Batista |
| 1959 | Prise de La Havane et chute de Batista |
| 1962 | Blocus américain et crise des missiles |
| 2006 | Transmission du pouvoir à Raul Castro |
À Ans comme partout en Wallonie, le centième anniversaire de la naissance de Fidel Castro est l’occasion d’un regard rétrospectif sur une figure qui polarise les opinions : héros de la libération nationale pour certains, dirigeant autoritaire pour d’autres. Au‑delà des jugements moraux, son action a profondément remodelé les relations internationales de la région et laissé une empreinte durable sur la politique cubaine et les équilibres de la Guerre froide.
Pour les lecteurs qui souhaitent approfondir, ces jalons offrent un cadre clair pour comprendre la succession d’événements — de la guérilla à la confrontation nucléaire — qui firent de Cuba un point chaud de la géopolitique mondiale au XXe siècle.