Un ouvrage stratégique rénové en profondeur
Les engins se sont remis à l'œuvre cette semaine sur le pont Salvador, à Andenne. L'image est parlante : un tractopelle déloge les grands pavés de béton des trottoirs, l'asphalte et les sous-couches sont arrachés sur toute la longueur et la structure vibre à chaque impact. Mais les équipes d'Infrabel tiennent à rassurer : la structure porteuse reste saine.
Le montant global du chantier est évalué à 1,3 million d'euros. L'ouvrage, long de 130 mètres pour une largeur de 22 mètres, surplombe des quais, une route, des zones de stationnement et surtout une ligne ferroviaire qualifiée de « dorsale wallonne ». Son rôle dans la desserte régionale rend ces travaux d'autant plus cruciaux pour la sécurité et la fluidité du trafic.
Des dégradations visibles et des précautions nécessaires
Les problèmes ne datent pas d'hier : des morceaux de béton se sont détachés et sont même tombés l'an dernier sur un parking situé sous l'ouvrage. Frédéric Sacré, porte-parole d'Infrabel, rappelle que cette désagrégation progressive n'était pas sans danger pour les usagers et les infrastructures situées en dessous.
« Sous le pont, des morceaux de béton se sont détachés et sont tombés l'an dernier sur le parking. » — Frédéric Sacré, porte-parole d'Infrabel
Selon les ingénieurs, la cause principale est l'infiltration d'eau qui attaque progressivement le béton. Construit en 1975, le pont n'a pas l'âge d'un monument historique mais les intempéries et le temps ont fragilisé son étanchéité et les systèmes d'évacuation des eaux. « La structure reste bonne mais on devait revoir complètement son étanchéité et l'évacuation des eaux », explique Christophe Javaux, l'ingénieur responsable du chantier.
Phases et techniques des travaux
Le chantier suit une séquence bien définie : d'abord l'arrachage des revêtements et la réparation localisée du béton ; ensuite l'étanchéification ; enfin l'asphaltage et l'aménagement des abords. Les équipes prévoient également d'installer des garde-corps plus hauts que les actuels.
- Démolition des revêtements et inspection de la structure
- Réparation du béton, si nécessaire
- Application d'une résine d'étanchéité moderne
- Asphaltage et pose de nouveaux trottoirs
- Mise en place de garde-corps relevés
L'étanchéification reposera sur le coulage d'une résine destinée à empêcher de nouvelles infiltrations. Les techniciens insistent sur l'importance des conditions météorologiques pour cette étape : pas de gel, pas de pluie et des températures modérées sont requises pour assurer la bonne polymérisation du produit et la tenue dans la durée.
Un chantier pensé pour durer
Infrabel affirme vouloir remettre entièrement ce pont à neuf « pour une très longue durée ». L'ingénieur en charge confie, avec un brin d'humour, qu'il espère ne pas revenir ici pour la même intervention avant la fin de sa carrière. Cette ambition traduit une volonté claire : éviter des réparations répétitives et garantir la sécurité des usagers ferroviaires et routiers.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Coût estimé | 1,3 million € |
| Longueur | 130 m |
| Largeur | 22 m |
| Année de construction | 1975 |
Pour les habitants d'Andenne, ces travaux signifient des désagréments temporaires (déviations, perturbations de stationnement) mais aussi une amélioration durable de la sécurité et du confort. Le pont Salvador, qui joue un rôle important dans la mobilité locale et régionale, devrait retrouver une autonomie et une résistance renforcées une fois l'opération terminée.
Du bruit des godets aux phases délicates d'étanchéité, le chantier avance sous le regard attentif des services techniques et d'Infrabel. À Andenne, on suit ce chantier avec intérêt : mieux valu des travaux visibles aujourd'hui que des réparations d'urgence demain.